À 52 ans, le secrétaire national du Parti communiste français et député du Nord mène sa première campagne présidentielle et la première pour le PCF depuis la présidentielle de 2008. Jusque-là allié avec Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel n'a pas cessé durant cette campagne de montrer sa différence, se distinguant à gauche par sa position sur le nucléaire, qu'il défend, mais aussi sur la laïcité et la sécurité.
Né dans une famille communiste, Fabien Roussel se destine très rapidement à suivre le combat de ses parents. Il suit une formation de journaliste, couvre notamment le Vietnam où son père avait été correspondant pour L'Humanité au début des années 1980. Encarté au PCF dès ses 17 ans, il milite au niveau local avant de devenir en 1997 conseiller de Michelle Demessine, alors secrétaire d’État au Tourisme communiste dans le gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin. Il gravit ensuite les échelons, devenant tour à tour conseiller, député, tête de liste aux régionales et secrétaire national du PCF avant d'être choisi en mai 2021 pour représenter les communistes à la présidentielle.
Le candidat est âgé de 52 ans. Plutôt discret sur son cercle proche, il forme, avec sa compagne, fonctionnaire de catégorie C, une famille recomposée comptant cinq enfants. Le 25 mars dernier, le candidat avait d'ailleurs partagé la photo de son fils aîné, Kevin Oumar, combattant de MMA. "C’est l’enfant de mon ancienne compagne, je l’ai connu quand il avait un an. Il a un papa, qui est toujours là. Moi, je suis son beau-père, mais on a grandi ensemble. Je le considère comme mon gamin. J’ai l’habitude de dire que j’ai cinq enfants, et il en fait partie", avait-il confié au Parisien.
Le communiste Fabien Roussel porte un programme "des jours heureux" principalement tourner vers la défense des travailleurs. Le candidat a en effet annoncé des mesures en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, proposant notamment un Smic à 1500 euros nets ou d'augmenter des salaires de la Fonction publique de 30%.
Lors de son interview par Ruth Elkrief sur LCI, le candidat a cité comme mesure emblématique "le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales" pour contrer l'optimisation sociale et faire en sorte que ces entreprises paient leurs impôts. L'argent récupéré grâce à cela permettra, selon lui, de réinvestir dans les services publics comme les hôpitaux et l'école.
Fabien Roussel a distingué sa campagne présidentielle en la ponctuant par de petites phrases chocs. Face à la théorie du ruissellement d'Emmanuel Macron, Fabien Roussel a inventé le "roussellement", défend "un bon vin, une bonne viande, un bon fromage" et assure être à la fois "coco et cocorico". Sur son affiche, le rouge normalement accolé au Parti communiste est remplacé par du violet tandis que celui qui est décrit par le présentateur télévisé Cyril Hanouna comme le "beau gosse de cette élection", est mis bien en avant.
Reconnaissant qu'il n'a aucune chance de se qualifier pour le second tour, Fabien Roussel a justifié la candidature qu'il porte par sa volonté de "reconstruire la gauche" et de montrer une gauche "populaire, républicaine et laïque", qui ne serait pas représentée par les autres partis de ce côté de l'échiquier politique. Se disant ouvert à la "construction", le candidat a assuré : "la gauche va gouverner et elle va revenir au pouvoir, la question, c'est quand, et c'est pour quoi faire".
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