Les parties civiles attendaient beaucoup de cette journée. Salah Abdeslam qui s'était montré plutôt bavard jusqu'à présent à l'audience, allait peut-être livrer des explications sur le 13 novembre et les jours ayant précédé cette terrible soirée. Mais très rapidement, l'accusé a coupé court aux espérances, indiquant qu'il allait faire usage à son droit au silence. La consternation s'est emparée de la salle d'audience, comble pour l'occasion. Après en avoir demandé l'autorisation, le seul survivant du commando du 13 novembre 2015 s'est donc rassis. Que devait-il fait ce soir-là ? Sur ordre de qui ? Quelle était la cible ? Les questions de la cour, de l'avocat général et des avocats des parties civiles resteront en suspens/
Seule Me Josserand-Schmidt, avocate de parties civiles, à qui l'accusé avait promis des réponses il y a quelques semaines, parviendra à obtenir quelques rares mots de l'accusé, sur la succession d'événements qui l'ont conduits à jeter sa ceinture dans une poubelle de Montrouge. "J'ai renoncé à enclencher ma ceinture. Pas par lâcheté, pas par peur. Mais parce que je voulais pas, c'est tout", affirme l'homme de 32 ans. Pourquoi avait-il parlé alors dans un premier temps d'un dysfonctionnement ? "J'avais peur du regard des autres. J'avais honte de ne pas avoir été jusqu'au bout, et j'avais 25 ans aussi", explique l'accusé. Pas de quoi convaincre les parties civiles et leurs avocats dont les réactions dans et devant la salle ont été nombreuses après ce silence inattendu.
Ulcéré du comportement du principal accusé, Me Didier Seban, avocat de partie civile, ne mâche pas ses mots. "Salah Abdeslam m'a fait penser à tous ces tueurs en série que j'ai affrontés", lance l'avocat de la famille d'Estelle Mouzin ayant eu à faire face à Michel Fourniret. Pour la robe noire, le seul survivant du commando a la "perversité de celui qui par sa parole peut donner du réconfort ou pas et qui vise finalement, tout en disant qu'il a été ému par les victimes, à se moquer d'elle".
"Faut-il se mettre à terre face à un homme qui a participé à ces crimes, qui joue avec perversité avec les victimes ?", interroge l'avocat avant de dire : "Quémander des mots de Salah Abdeslam, je ne crois pas qu'il faille le faire par respect pour les victimes".
Concernant le "renoncement" de Salah Abdeslam à enclencher sa ceinture, l'avocat se montre plus que sceptique. "Je sais qu'il avait une ceinture explosive, je sais qu'il a déposé les trois hommes qui se sont faits exploser au Stade de France faisant un mort et causant d'innombrables souffrances. Je sais qu'il a contribué à louer ces voitures qui ont été cherché les terroristes. Je sais qu'au fond, quoi qu'il ait fait, il aurait pu empêcher cette tuerie de masse puisqu'il savait, il lui suffisait de passer un coup de fil anonyme à la police pour empêcher que ça ait lieu. Finalement, je sais que sa responsabilité est totale et que la cour d'assises en tiendra compte".
Me Jean Reinhart confirme qu'il y avait aujourd'hui "une attente" des parties civiles et qu'elle a laissé place à la "colère" face au silence de Salah Abdeslam. "Ça fait longtemps qu'il n'assume rien M. Abdeslam, c'est un lâche", estime l'avocat.
"C'est une journée de dupe, une de plus, dans la mesure où Salah Abdeslam fait valoir son droit au silence,...
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