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Covid-19 : cette sérieuse menace que le Brésil fait peser sur le monde
Atlantico -
09/04
Selon Miguel Nicolelis, un médecin et universitaire brésilien qui traque l’épidémie, ce qui se passe avec le variant brésilien est l’équivalent « d’un Fukushima biologique, comme un réacteur nucléaire qui aurait déclenché une réaction en chaîne et qui serait désormais hors de contrôle ».
Atlantico : Le Brésil a enregistré le triste record de 4000 morts par jour. Un universitaire brésilien voit dans le variant local un « Fukushima biologique » qui serait hors de contrôle. Au-delà de l’image, la comparaison a-t-elle une pertinence ? Par ailleurs, le variant brésilien et la pandémie dans ce pays sont-ils vraiment hors de contrôle ? Comment le pays peut-il agir pour lutter ?
Claude-Alexandre Gustave : Sur le plan épidémiologique, il est très difficile de suivre la situation brésilienne car l’activité de dépistage y est très faible si on la rapporte à la densité du pays. Le Brésil ne fournit plus de données de taux de dépistage ou de taux de positivité depuis plusieurs mois. La « visibilité » sur l’épidémie ne se fait donc que sur des indicateurs tardifs (hospitalisations, entrées en réanimation, décès). Ces indicateurs sont à des niveaux critiques depuis des semaines et devraient le rester au moins durant tout le mois d’Avril d’après l’observatoire brésilien de la COVID. Le taux de létalité mesuré au Brésil (nombre de mort parmi les infectés par SARS-CoV-2) est nettement supérieur à ce qu’on observe dans le reste du monde, et atteint 3,3 à 4,2% ! Ceci traduit d’une part la forte sous-estimation du taux d’incidence des infections (avec un dépistage visiblement restreint aux cas les plus sévères), et d’autre part l’impact du variant P.1 sur la gravité de l’épidémie, entre virulence accrue et effondrement du système de soins désormais incapable d’offrir une chance de survie à tous les malades en état grave. A la date du 5 avril, le taux d'occupation des lits de soins intensifs restait supérieur à 90% pour 19 des 27 états fédéraux, avec un record à 106% pour l’état de Mato Grosso do Sul (dans le sud-ouest du pays). Pour 4 autres états fédéraux, le taux d’occupation restait supérieur à 80%. Seuls 3 états sont en « zone d’alerte intermédiaire » avec des taux d’occupation <80%. Il s’agit des états de Paraíba (77%, côte atlantique nord), Amazonie (75%, vaste état du nord-ouest), et Roraima (49%, frontière nord de l’Amazonie). Ces deux derniers états figurent parmi les moins peuplés du pays et tous leurs lits de réanimation sont respectivement... [Courte citation de 8% de l'article original]
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