Et un de plus ! Alors que cela fait deux ans et demi que les Libanais vivent sous le joug des restrictions bancaires illégales mises en place par les banques depuis la fin de l'été 2019, sans que les autorités ne se bousculent pour adopter une loi les régulant afin de protéger les droits des déposants, les discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), dont une délégation arrive mardi à Beyrouth, semblent les avoir poussés à se décider. Une nouvelle mouture de loi circule en effet depuis vendredi soir –elle a été de nouveau modifiée dimanche soir–, qui diffère de celles présentées auparavant par la commission des Finances et du Budget, ou encore revues par la commission de l'Administration et de la Justice. De plus, c'est la première fois que les autorités semblent aussi déterminées à voter une loi, une réunion des commissions mixtes étant prévue aujourd'hui lundi, tandis qu’une autre cette fois-ci de l'hémicycle est planifiée mardi, ce qui permettrait le vote de cette loi.
Samedi, le vice-Premier ministre, Saadé Chami, également membre de la commission chargée de négocier avec le FMI une assistance financière dont le pays a grandement besoin pour espérer sortir de la crise, a confirmé à travers un communiqué que le vote de la loi de contrôle des capitaux est bel et bien prévu pour mardi. Toutefois, tout au long du week-end, de nombreux observateurs ont pointé du doigt les nombreuses lacunes ou anomalies de cette loi dont L'Orient-Le Jour a pu consulter une copie.
De plus, dans son communiqué, le vice-Premier ministre a fait état d’une réunion avec plusieurs représentants de l'économie libanaise et notamment des syndicats représentant différents corps de métiers. Sur ce point, le président de l’Association libanaise pour les droits et l’information des contribuables (Aldic), Karim Daher, a précisé à L'Orient-Le Jour que cette réunion n’a visé qu’à présenter les grandes lignes du plan de redressement économique du pays, et non la loi de contrôle de capitaux. L'avocat craint donc que le gouvernement utilise l'excuse de cette réunion pour affirmer au FMI que les acteurs économiques acceptent cette mouture, voire le plan lui-même , qui n’a pour but, selon lui, que de « sauver les banques en difficulté, au lieu de s’inscrire dans un plan global de recouvrement...
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