Il a été placé au quartier disciplinaire pour trente jours et devrait ensuite être placé à l'isolement. Franck Elong Abé, mis en examen pour "tentative d'assassinat terroriste" le dimanche 6 mars, quatre jours après l'agression d'Yvan Colonna à la maison centrale d'Arles a appris en début de semaine la mort du berger de Cargèse.
"Je suis allé le voir mardi. Cette visite était prévue depuis un moment. Il m'a indiqué avoir appris le lundi soir mort d'Yvan Colonna à la radio car au quartier disciplinaire, il n'a pas la télévision. Il m'a dit qu'il était désolé, désolé qu'il soit mort, désolé que ça se termine comme cela", indique son avocat, Me Benoît David, à TF1info, à la veille des obsèques du "berger de Cargèse".
Franck Elong Abé, Français né au Cameroun, purgeait une peine pour "association de malfaiteurs terroristes" à la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône) quand il a attaqué Yvan Colonna dans la salle de sport le 2 mars. "Il ne revendique pas cette agression, ce n'est pas un terroriste. Ça n'est pas parce qu'on est condamné pour 'association de malfaiteurs terroristes"'que l'on est un terroriste", insiste la robe noire.
Franck Elong Abé continue d'affirmer qu'il a "agi seul", "pour le compte d'aucun groupe". Il maintient "qu""Yvan a tenu des propos blasphématoires envers Dieu". Le trentenaire avait notamment relaté que le Corse lui aurait dit deux jours avant l'agression : "Moi je crache sur Dieu". Il n'aurait jamais digéré cette phrase.
"Je considère que Dieu a frappé Yvan Colonna à travers mes mains. Dieu s'est servi de mes mains pour riposter contre celui qui a blasphémé", a-t-il déclaré aux enquêteurs, rapporte ce jeudi l'AFP qui a consulté plusieurs procès-verbaux du mis en cause.
L'avocat de Franck Elong Abé répète que son client conteste toute préméditation. "Il n'a pas supporté certains propos d'Yvan Colonna à l'égard de Dieu. La phrase évoquant du crachat n'est pas passée. Mais il n'avait pas prévu de l'agresser. Les deux devaient, je le rappelle, courir ensemble le mercredi 2 mars, jour de l'agression. Après ces propos, Franck Elong Abé a renoncé à y aller mais il pensait que Colonna irait seul. Il ne pensait donc pas, en tant qu'auxiliaire d'étage, tomber sur lui en allant nettoyer la salle de sport."
L'AFP rapporte ce jeudi d'autres déclarations du mis en cause face aux enquêteurs à ce propos : "La veille, avant l'attaque, je ne savais même pas que j'allais le faire". "Cela m'est venu d'un coup. Moi j'appelle ça le mektoub, le destin", "quelque chose que vous ne maitrisez pas". "J'aurais attendu tout ce temps pour commettre un acte terroriste" avec à la clé "au moins 10 ans d'isolement", a-t-il demandé aux enquêteurs avant d'ajouter : "Quelqu'un qui aurait prémédité un tel acte aurait réfléchi à tout ça". Ou encore "J'étais dans un état d'esprit d'agir sur l'instant".
Me Benoît David rappelle que les deux hommes étaient des "copains", qu'ils discutaient souvent ensemble notamment dans cette salle baptisée le "gourbi corse", qu'ils "couraient ensemble", qu'ils "jouaient aux échecs ensemble". Selon lui, c'est bel et bien cette phrase qui a engendré ce drame. "Il devait, dit-il, avoir une réaction face à ce qu'avait dit Yvan Colonna sur Dieu. C'est en le voyant qu'il a fait cela, avec les objets qu'il avait sous la main....
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