Entre guerre en Ukraine, crise du pouvoir d'achat et pandémie de Covid-19 qui monopolisent les débats, l'écologie peine à se tailler une place dans la campagne présidentielle. Mais face à l'urgence climatique, plusieurs ONG ont passé au crible le programme des candidats pour distribuer des feux verts et des feux rouges. Le réseau Action Climat France, qui recoupe notamment la Fondation pour la Nature et l’Homme, France Nature Environnement, Greenpeace, WWF mais aussi Action contre la faim, Oxfam et le Secours catholique, a publié dimanche 20 mars sur son site les résultats de cette large étude.
Celle-ci se concentre sur sept grands axes : le transport, l'industrie, l'agriculture, le logement, l'énergie, l'international et la finance. TF1info passe en revue ce classement, qui se concentre sur les huit candidats ayant reçu au moins 2% d’intentions de vote au premier tour, dans une moyenne de sondages arrêtée au 8 mars, et évalue les propositions en les comparant à celles formulées par le réseau lui-même en janvier.
Sans grande surprise, la feuille de route de Yannick Jadot récolte un quasi sans faute, avec six feux verts et un feu orange. Sur le volet transports par exemple, le candidat écologiste défend un programme "résolument ambitieux", notamment par l'interdiction de la vente de véhicules neufs diesel, essence et hybride dès 2030. Ses propositions pour une agriculture plus écologique sont saluées, et quant aux énergies, "Yannick Jadot propose un cap clair vers le 100 % énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone" d'ici à 2050, juge l'étude. En revanche, le candidat EELV pêche en matière de politique climatique internationale, son unique feu orange, faute de propositions précises quant à l'arrêt du financement des énergies fossiles à l'étranger.
Le volet international vaut aussi une gommette orange à Jean-Luc Mélenchon : le chef de file de la France Insoumise, qui a actuellement le vent en poupe dans les sondages, ne détaille pas ce qu'il ferait de la finance climat à l'international, c'est-à-dire les fonds mobilisés pour réduire les effets du changement climatique à l'échelle de la planète. Mais dans tous les autres domaines, le candidat insoumis remporte aussi des feux verts, qui saluent notamment à une division "de la consommation d’énergie par trois, grâce à la sobriété et à l’efficacité énergétique" et des propositions rodées en matière de rénovation des logements pour lutter contre la précarité énergétique.
Sur le reste de l'échiquier politique à gauche en revanche, les résultats sont bien moins encourageants. Anne Hidalgo récolte une majorité de feux orange. Les ONG reconnaissent des objectifs "pertinents" et "ambitieux" sur plusieurs volets, mais remettent en cause le manque de précision de la candidate du PS, par exemple en matière de lutte contre l'élevage industriel, de mise en place du 100% énergies renouvelables en 2050 ou encore l'accompagnement à la rénovation des logements. Sur le plan international, la candidate socialiste reçoit même une gommette rouge : elle n'aborde pas le financement pour la lutte contre le changement climatique ni la perspective de mettre fin au financement des énergies fossiles à l'étranger.
Quant au candidat communiste Fabien Roussel, il décroche aussi un résultat mitigé : son programme est évalué avec cinq feux orange et deux feux rouges. Pour les points à améliorer, le Réseau Action Climat regrette par exemple un manque de propositions pour la réduction du trafic aérien et du parc automobile. Les points les plus inquiétants sont notamment le développement de l'industrie nucléaire, "un pari plus que hasardeux" selon les ONG, et la gestion du budget national, pas assez "vert", ...
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