Sam Soko, ce documentariste kényan qui monte

Antoine Kauffer - LePoint - 20/03
PORTRAIT. Les opus autour des thèmes de l’intimité familiale et de l’engagement politique de ce producteur ont éclaboussé le Festival Cinéma du Réel de Paris.

Du Forum des Images à la Petite Salle du Centre Pompidou, c'est par touches successives que l'on recompose l'itinéraire de Sam Soko, producteur des documentaires Softie et No Simple Way Home, présentés au festival Cinéma du réel*. Des touches qui correspondent à la manière dont s'est constitué le « village » du cinéaste kényan – qui compte désormais dans le paysage audiovisuel est-africain.

De la campagne à la ville, du Kenya au monde

« J'ai grandi à Kisii, à 5-6 heures de Nairobi. J'ai été à l'école pas très loin, puis à l'université à Eldoret. » C'est dans ce chef-lieu de l'ouest kényan que Sam se forme au théâtre et prend goût à l'art du « storytelling, you know ». « Le théâtre, c'est en quelque sorte amener les idées philosophiques dans le monde ; se frotter aux conversations réelles, à nos expériences », explique-t-il. Et de résumer : « C'est peut-être pour cela que je me suis senti à l'aise avec le documentaire. » Eldoret marque sa première expérience urbaine. « En vérité, j'ai vécu plus longtemps à la campagne qu'en ville. » Diplôme en poche, Sam rejoint Nairobi où il travaille dans un théâtre. Un ami lui demande de l'aider à monter des films promotionnels à destination d'ONGs. « Au Kenya, c'est ce que font plein de gens, des documentaires pour des ONG… » La crise de la vingtaine effacée, le sens des responsabilités prend le dessus ...
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