Chômage, justice, environnement... Nous avons vérifié les propos d'Emmanuel Macron sur son bilan

LCI - 18/03
[VIDÉO] - Emmanuel Macron a présenté, jeudi, les lignes directrices d'un futur mandat à l'Élysée et fait le bilan de son quinquennat. Le chef de l'État a listé les avancées qu'il met au crédit de sa majorité, chiffres à l'appui. L'équipe des Vérificateurs revient en détail sur ses affirmations.
L'essentiel

Emmanuel Macron a présenté, jeudi, les lignes directrices d'un futur mandat à l'Élysée et fait le bilan de son quinquennat.

Le chef de l'État a listé les avancées qu'il met au crédit de sa majorité, chiffres à l'appui.

L'équipe des Vérificateurs revient en détail sur ses affirmations.

Emmanuel Macron, sans surprise, cherche durant cette campagne à défendre son bilan à l'Élysée. Ce qu'il a fait jeudi 17 mars à Aubervilliers, en marge de la présentation de son programme. Le président de la République veut renvoyer l'image d'un homme qui se conforme à ses engagements, et a pris plusieurs exemples au cours de son discours pour illustrer son volontarisme. Quitte, parfois, à enjoliver quelque peu son action.

"Le taux de chômage atteint son plus bas niveau depuis 15 ans, le taux de chômage des jeunes son plus bas niveau depuis 40 ans"

Emmanuel Macron brandit les résultats en matière d'emploi et se réjouit du recul notable du chômage. Dans une récente note, l'Observatoire français des conjonctures économiques saluait d'ailleurs les chiffres observés en France puisque "quelle que soit la mesure, le chômage a baissé en France au cours du quinquennat". Et d'ajouter qu'en "s’établissant à 7,4% de la population active fin 2021, le taux de chômage en France au sens du Bureau International du Travail (BIT) a retrouvé, près de 15 ans après, son niveau observé avant la 'Grande Récession' de 2008".

Pour autant, lorsque l'on observe les statistiques de Pôle emploi, les résultats affichés depuis 15 ans se révèlent moins positifs. Le nombre de chômeurs inscrits en catégorie A est en augmentation, de même que celui des chômeurs des catégories A, B et C réunies. Inclure les catégories B et C revient à prendre en compte les personnes inscrites à Pôle emploi, à la recherche d'un emploi, mais qui ont exercé une activité partielle de plus ou moins longue durée. Il ne s'agit donc pas ici de chômeurs sans aucune activité, mais de travailleurs que l'on peut qualifier de précaires, à la recherche d'un emploi pérenne.

Dares - Pôle emploi

En résumé, si le taux de chômage au sens du BIT est effectivement au plus bas depuis 15 ans, le nombre de chômeurs est, lui, en augmentation depuis 2008. On compte aujourd'hui plus d'un million de personnes recensées en catégories A par rapport à l'époque, et plus de deux millions de personnes si l'on rassemble les catégories A, B et C.

En parallèle, des observateurs soulignent que les indicateurs positifs pour 2021 pourraient se révéler en "trompe-l'œil". Le magazine Entreprendre souligne par exemple que "l’augmentation du nombre d’emplois s’explique presque entièrement par celle du nombre d’apprentis qui sont comptés parmi les salariés". Le nombre de contrats d'apprentissage a en effet doublé en l'espace de deux ans, un bon signal qui peut toutefois fausser notre perception des chiffres du chômage. Les mesures gouvernementales prises en marge de la crise du Covid-19 doivent aussi être surveillées avec attention. Les aides massives aux entreprises et le chômage partiel sont en effet susceptibles d'avoir maintenu la tête hors de l'eau d'un certain nombre d'entreprises en difficulté. La réduction du soutien apporté par l'État en ce début d'année 2022 pourrait ainsi conduire à des suppressions d'emplois qui seraient en quelque sorte "décalées".

Notons enfin qu'en ce qui concerne le chômage des jeunes, Emmanuel Macron dit vrai. Les statistiques nous indiquent que chez les 18-24 ans, il s'établissait au 4e trimestre 2021 à 15,9%. Pour retrouver de tels niveaux, il faut remonter au tout début des années 1980.

Insee

"J’avais dit que nous réduirions nos émissions de gaz à effet de serre : nous l’avons fait deux fois plus vite qu’auparavant, -12% durant ce quinquennat"

Si des ONG telles que Greenpeace dressent un constat amer de la politique environnementale du gouvernement durant ces 5 années, Emmanuel Macron met en avant certains indicateurs clés. Et notamment une baisse notable des émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, le chef de l'État peut s'appuyer sur les rapports du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA). Les dernières données dont nous disposons ne remontent qu'à 2020, mais permettent de constater que la réduction des émissions entre 2017 et 2020 a été de 14,5%. C'est donc mieux que les 12% évoqués par le président de la République, en attendant toutefois la publication des chiffres relatifs à 2021 et 2022.

Le candidat Macron évoque une baisse deux fois plus rapide : si la formule se révèle vague, on note que la diminution des émissions n'avait été que de 4,5% durant la mandature Hollande. Et de 8,6% lorsque Nicolas Sarkozy était au pouvoir. Notons néanmoins que les chiffres pour 2020 sont sujets à caution : le recul notable des émissions par rapport à 2019 s'explique en effet pour partie par la diminution globale de l'activité économique et par les confinements qui ont été décidés par le gouvernement. Des périodes durant lesquelles les transports ont notamment été réduits de manière drastique, alors même qu'ils constituent la première source d'émissions de gaz à effet de serre.

Lire aussi
Loading...