Emmanuel Macron a présenté les grands contours de son projet présidentiel à l'occasion d'une conférence de presse donnée devant près de 200 journalistes, jeudi 17 mars à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Candidat à sa succession, le président sortant a longuement détaillé ce qui va être les grands thèmes de campagne, avant de répondre aux questions de son auditoire.
Voici les principaux éléments que l'on peut retenir du projet qu'il portera d'ici au premier tour, le 10 avril prochain, et qu'il conduira s'il est réélu.
Emmanuel Macron s'engage à poursuivre la trajectoire de hausse des investissements dans la défense nationale dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine. Le budget sera porté de 40,9 à 50 milliards d'euros en 2025. "Il devra être complété au niveau européen" avec "un réinvestissement" dans le fonds de défense de l'UE, a-t-il plaidé.
En outre, s'il est réélu, il demandera au chef d'état-major des Armées "de réévaluer les besoins au regard de cette guerre", avec la nécessité "d'intensifier nos investissements face à une guerre de haute intensité". Emmanuel Macron veut aussi doubler le nombre de réservistes, dans le cadre d'un "nouveau pacte" autour de la défense nationale et généraliser le service national universel, qui comptera, en 2022, 50.000 nouvelles recrues volontaires.
Toujours dans le contexte de la guerre, qui remet en cause la dépendance européenne à l'égard de la Russie, Emmanuel Macron promet de réinvestir en faveur de la production agricole française. En cas de réélection, une "loi d'orientation agricole" serait votée afin de permettre "la transition démographique", c'est-à-dire l'installation d'une nouvelle génération d'agriculteurs pour assurer la relève dans les exploitations.
Emmanuel Macron compte remettre en cause la stratégie "Farm to Fork" ("de la ferme à la fourchette"), qui prévoyait une diminution de la production de 13%. "Ces objectifs doivent être revus car, en aucun cas, l'Europe ne peut se permettre de produire moins", a-t-il assuré.
Emmanuel Macron confirme son intention de relancer le parc nucléaire français, au nom de l'indépendance énergétique, avec la construction de six réacteurs et la mise à l'étude pour huit autres. Envisageant "la reprise du contrôle capitalistique de plusieurs acteurs industriels", il veut rendre les prix de l'énergie moins dépendants du gaz et du pétrole.
Le candidat s'engage en outre à développer "50 parcs éoliens en mer" d'ici à 2050 et à multiplier par dix l'énergie solaire, au moyen de filières 100% françaises. Il promet aussi de rénover "au moins 700.000 logements par an" au cours du quinquennat et de renforcer les aides à l'acquisition de véhicules électriques.
Emmanuel Macron veut que chaque jeune formé dans un lycée professionnel puisse trouver un emploi près de chez lui et répondre aux besoins de son territoire. Il propose que l'État planifie les besoins en les territorialisant et en "adaptant l'offre de formation en conséquence", avec l'objectif d'un million d'emplois d’avenir créés en dix ans.
Pour cela, il mènerait une réforme du lycée professionnel "pour en faire une voie d’excellence en répétant le succès de l’apprentissage", ouvrant la voie à une rémunération des lycéens en alternance.
En outre, Emmanuel Macron a confirmé son intention d'étendre les expérimentations lancées à Marseille, visant à renforcer l'autonomie des chefs d'établissements dans les écoles. Il défend enfin "un pacte nouveau avec les enseignants" consistant en une augmentation "significative" des rémunérations, en échange de "nouvelles missions".
Sur le front du travail, Emmanuel Macron reprendrait le chantier lancé en 2017, en promettant "la poursuite des réformes du marché du travail en continuant à simplifier et déconcentrer le dialogue".
Il compte supprimer l'agence Pôle Emploi pour la remplacer par "France Travail", un organisme territorialisé où...
[Courte citation de 8% de l'article original]