Russie : la journaliste qui a défié Vladimir Poutine

LCI - 15/03
[VIDÉO] - Marina Ovsyannikova travaille pour la télévision d'État russe. L'espace d'un instant, cette journaliste a réussi à montrer en direct une pancarte critiquant la guerre en Ukraine et la désinformation. Aussitôt arrêtée, elle a été libérée ce mardi.
L'essentiel

Marina Ovsyannikova travaille pour la télévision d'État russe.

L'espace d'un instant, cette journaliste a réussi à montrer en direct une pancarte critiquant la guerre en Ukraine et la désinformation.

Aussitôt arrêtée, elle a été libérée ce mardi.

C'est une issue pour le moins étonnante. Marina Ovsyannikova est sortie libre du tribunal en fin d'après-midi. Selon ses propos, elle a été "interrogée pendant plus de quatorze heures", sans d'aide juridique. Elle est libérée avec une simple amende. L'équivalent de 250 euros pour cette journaliste qui a pourtant bravé aux yeux du pouvoir tous les interdits. Durant l'un des journaux les plus regardés en Russie, elle a brandi une pancarte où l'on pouvait lire : "arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment ici".

Sachant qu'elle risquait d'être emprisonnée. Cette mère de deux enfants, qui n'avait jusque-là jamais dérogé aux règles de la propagande, avait pris la précaution d'enregistrer une vidéo pour expliquer son geste. Celui d'une femme dont la mère est Russe et le père ukrainien, révoltée à l'idée que le peuple ignore tout de cette guerre fratricide. Un coup d'éclat qui a ravi une autre journaliste russe, dont nous préservons l'identité. Cette dernière pense que le geste de Marina Ovsyannikova ne compte pas, car ceux qui regardent la chaîne de télé où elle travaille ont des convictions qui ne peuvent pas être ébranlées. Leur idée sur le sujet est conforme à celle du pouvoir. Et dans le meilleur des cas, ils la considéreront comme une folle.

L'association Reporter Sans Frontières craint désormais pour son sort. Selon Christophe Deloire, le secrétaire général, l'arsenal juridique russe est tel que les magistrats peuvent avoir plusieurs articles à leur disposition, notamment une nouvelle loi adoptée par la Douma très récemment qui punit de quinze ans de prison tout dénigrement de l'armée russe. Une loi qui interdit d'évoquer la guerre, encore moins de se révolter contre elle. Et qui pourrait faire d'elle demain une criminelle.

TF1 | Reportage S. Pinatel, F. Fernandez.

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