La quatrième de dose de vaccin sera-t-elle prochainement étendue à toute la population ? Face au léger rebond de l'épidémie de Covid, Jean Castex a annoncé samedi l'ouverture de la quatrième dose de vaccin "aux plus de 80 ans ayant reçu leur dose de rappel depuis plus de trois mois", mais aussi aux personnes immunodéprimées. Cette mesure doit permettre de mieux protéger ces publics "confrontés à une perte d'immunité", a précisé le Premier ministre dans une interview au Parisien.
Si l'injection d'une seconde dose de rappel était envisagée de longue date pour les personnes les plus fragiles face au virus, sa généralisation au reste de la population suscite pour l'heure davantage de réserves.
Fin janvier, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV) avait en effet jugé qu'une telle hypothèse n'est pas justifiée à ce stade. En dehors des personnes de plus de 80 ans et des personnes immunodéprimées, les données actuelles ne montrent pas de "bénéfice individuel significatif", estimait alors le COSV, arguant par ailleurs que "l'intérêt collectif (...) apparaît tout autant limité à court-terme", puisqu'un deuxième rappel ne concernerait actuellement qu'une "cible restreinte à environ 3 millions de personnes".
Par ailleurs, une quatrième dose généralisée pourrait avoir "un effet contre-productif", mettait en garde l'instance, car elle "pourrait être interprétée comme un signal d'inefficacité de la vaccination par l'opinion et ainsi induire un risque de désengagement à l'égard d'une vaccination perçue comme trop fréquente".
Quelques semaines plus tôt, au sujet de cette quatrième dose, Sylvie Briand, directrice de l'OMS des risques épidémiques et pandémiques, avait expliqué au micro de LCI, que pour échapper à ce second rappel en population générale, il faut "espérer qu'un bon système immunitaire conservera ses anticorps plus longtemps."
Mais à la même période, le Pr Eric Caumes, infectiologue à l'Hôpital Hôtel-Dieu, à Paris, se montrait plus sceptique quant à la durée de l'immunité permise par la vaccination et notamment le rappel. "Evidemment qu'il y a une déception, il faudrait vraiment ne pas y voir clair pour ne pas être déçu (par le vaccin). Avec certains vaccins, vous faites une primovaccination vous êtes protégé toute la vie, là au bout de six mois votre protection tombe à 50% avec omicron si vous ne faites pas le rappel", détaillait-il ainsi en janvier sur LCI, concluant que l'actuel vaccin anti-Covid "ce n'est pas un très bon vaccin et surtout, c'est éphémère".
Et d'insister : "C'est pas une durée de protection qui se chiffre en années, ça ne se chiffre même pas en mois (...) en dehors de la grippe puisque c'est un virus qui mute, il n'y aucune autre situation où on est obligé de renouveler un vaccin à un rythme pareil". Prenant l'exemple des Israéliens "en avance là-dessus", ce dernier estimait alors que "s'ils se mettent en ordre de marche pour cette 4e dose, ce n'est pas pour rien". Pour rappel, l'état hébreu autorise cette quatrième dose, pour les plus fragiles, depuis début janvier, à l'instar du Danemark et de l'Espagne depuis la mi-janvier, mais aussi de l'Allemagne depuis le 3 février ou encore de la Hongrie et du Chili.
"Plus vous faites de doses de rappel, plus vous allez, à chaque fois, augmenter (la durée de protection), c'est connu en immunologie", a déjà eu l'occasion d'expliquer de son côté le Dr Robert Sebbag, infectiologue à l...
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