Le 10 puis le 24 avril, les Français se rendront aux urnes pour départager les douze candidats à la présidence de la République. Tous les cinq ans, la même question se pose : comment leur temps de parole dans les médias est-il calculé ? Les règles - qui ne concernent que l'audiovisuel - ont d'abord l'équité pour principe, avant d'évoluer vers une égalité stricte à l'approche du scrutin.
C'est l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) qui est chargée de les édicter et de les faire respecter. Née de la fusion du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et d'Hadopi, cette entité contrôle le temps d'antenne accordé aux politiques, ainsi que leurs soutiens, sur les chaînes de télévisions et les radios.
Depuis le 1er janvier, les télévisions et radios doivent décompter les temps d'antenne et temps de parole des candidats, qu'ils soient présumés ou déclarés, avant de les transmettre à l'Arcom. L'instance est alors chargée de les vérifier. Lors de cette première période électorale, les médias doivent respecter un principe "d'équité".
Déclarés ou non, les prétendants à l'Élysée ne sont cependant pas tous logés à la même enseigne : l'équité doit tenir compte de la représentativité de chacun, calculée selon plusieurs critères ; résultats aux élections antérieures, nombre d'élus, sondages...
Pour le cas spécifique d'Emmanuel Macron, qui a déclaré sa candidature le 3 mars, l'Arcom avait demandé aux chaînes de recenser son temps de parole comme celui d'un candidat, dès lors que ses propos relevaient du "débat politique national", notamment pour défendre son bilan. Ses discours associés à ses fonctions de président, comme une allocution annonçant de nouvelles mesures sanitaires ou récemment sur la guerre en Ukraine, n'ont en revanche pas vocation à être comptabilisées.
Cette première phase dure jusqu'au 7 mars, soit jusqu'à la publication au Journal officiel de la liste définitive des candidats.
Plus la date du scrutin se rapproche, plus les règles concernant ce temps de parole se durcissent. Dès le 8 mars, l'Arcom est tenue de publier une fois par semaine minimum le relevé des temps de parole.
Vient ensuite l'ouverture d'une deuxième période, jusqu'au 27 mars. Les compteurs sont remis à zéro pour chaque candidat. Le principe d'équité continue à s'appliquer mais de manière renforcée. Les interventions des candidats - et de leurs soutiens - doivent alors se faire dans "des conditions de programmation comparable".
À savoir que les candidats et leurs proches doivent bénéficier d'une représentation équitable à l'antenne et sur les ondes sur quatre tranches horaires bien définies : de 6h à 9h, de 9h à 18h, de 18h à minuit, et de minuit à 6h. "Quand un candidat est invité dans une tranche horaire par un média, tous les autres doivent l'être dans la même tranche horaire", résume Anne Grand d'Esnon, conseillère en charge du pluralisme à l'Arcom, citée par La Provence.
Ce fonctionnement permet notamment d'éviter à une chaîne de passer certains meetings uniquement la nuit.
Entre le 28 mars et le 8 avril, s'ouvre une troisième période, qui correspond à la campagne officielle. Durant ces douze jours, ce n'est plus le principe d'équité mais une égalité stricte qui s'applique. Tous les candidats et leurs soutiens doivent bénéficier du même temps d'antenne, lors des tranches horaires citées précédemment.
À noter qu'avant la loi du 25 avril 2016, l'égalité stricte du temps de parole était impo...
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