Au 16e jour d'une guerre violente entre l'Ukraine et la Russie, le conflit se traduit aussi par une bataille de la communication. En cause, cette fois-ci, les accusations de la Russie contre Washington et Kiev de gérer des laboratoires destinés à produire des armes biologiques pour l'armée ukrainienne. Les deux capitales ont fermement démenti de telles charges, formulées à de nombreuses reprises et évoquées à nouveau ce jeudi.
"Dans les laboratoires établis et financés en Ukraine, des documents montrent que des expériences ont été menées avec des échantillons de coronavirus de chauve-souris", a indiqué, jeudi matin aux journalistes, le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov. Quatre ans auparavant, Moscou avait déjà attaqué les États-Unis, les accusant de mener secrètement des expérimentations biologiques en Géorgie, une autre ex-république soviétique.
Outre-Atlantique, les mots sont forts. "La Russie a diffusé à plusieurs reprises de la désinformation concernant l'utilisation répétée d'armes chimiques par la Syrie", affirme l'ambassadeur américain adjoint Richard Mills. "Le récent flot de mensonges de la Russie pour tenter de justifier la guerre préméditée et injustifiée contre l'Ukraine devrait montrer clairement, une fois pour toutes, qu'on ne peut pas faire confiance à la Russie lorsqu'elle parle d'utilisation d'armes chimiques", a-t-il poursuivi.
Mercredi, Washington et Londres assurent, au contraire, que la Russie, seule, pourrait avoir recours à des armes chimiques en Ukraine. Depuis dix jours, "Moscou a poursuivi sa guerre d'agression contre l'Ukraine, assiégeant des villes, tuant des civils sans discernement, forçant des millions de personnes à fuir en quête de sécurité", a fustigé l'ambassadeur britannique, James Kariuki. "Les parallèles avec l'action russe en Syrie sont clairs" et "la comparaison s'étend également aux armes chimiques, car nous voyons se dresser en Ukraine le spectre familier de la désinformation russe" à ce sujet, a-t-il ajouté.
Vladimir Poutine "écrase littéralement les villes sous un tapis de bombe", expliquait, jeudi sur LCI, l'eurodéputé Bernard Guetta, accréditant la thèse des occidentaux. "Il ne reste plus rien d'Alep. C'est une ville en ruine (...) Cet homme n'a aucune sensibilité. Il peut continuer à massacrer, à semer le malheur."
Dans une adresse à la nation, publiée ce vendredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a nié tout développement d'arme chimique par son pays. "Je suis le président d'un pays décent, d'un peuple décent, et je suis le père de deux enfants. Personne ne développe une quelconque arme chimique ou de destruction massive sur mon territoire", a-t-il planté.
Interrogé, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré, jeudi, "ne pas avoir d'information (...) sur l'utilisation prochaine" d'armes biologiques en Ukraine. "Y recourir serait illégal et une grave violation du droit international", a-t-il souligné. À la demande de Moscou, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence, ce vendredi à 16h, sur ce sujet.
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