Marseille, Toulouse, Bourges... Quelles villes françaises sont jumelées avec des communes ukrainiennes ?

LCI - 10/03
[VIDÉO] - En soutien à l'Ukraine, la ville de Bourges a officialisé mercredi un jumelage solidaire avec la municipalité de Korosten. Une vingtaine de villes françaises sont en partenariat avec des jumelles ukrainiennes, et certaines se mobilisent pour leur "sœur".
L'essentiel

En soutien à l'Ukraine, la ville de Bourges a officialisé mercredi un jumelage solidaire avec la municipalité de Korosten.

Une vingtaine de villes françaises sont en partenariat avec des jumelles ukrainiennes, et certaines se mobilisent pour leur "sœur".

À l'origine, le jumelage entre des municipalités françaises et étrangères a été développé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, pour resserrer les liens entre les pays européens. Mais avec l'éclatement d'un nouveau conflit armé sur le continent, l'invasion russe en Ukraine, il pourrait désormais se destiner à venir en aide aux habitants des villes partenaires, qui ont basculé dans le chaos depuis le 24 février. 

L'Hexagone compte 18 communes jumelées avec une municipalité ukrainienne, sur un total de 4000 environ, selon l'Association Française du Conseil des Communes et Régions d'Europe (AFCCRE). Parmi elles, plusieurs communes en partenariat avec des points névralgiques en Ukraine, assaillis depuis plusieurs jours par les forces russes : Toulouse avec la capitale Kiev, Lille avec Kharkiv, Marseille avec Odessa, Belfort avec Zaporijjia ou encore La Seyne-sur-Mer avec Berdiansk. On compte aussi le jumelage de Saint-Etienne avec Lougansk, située dans l'une des républiques séparatistes prorusses, centrales dans le conflit. 

Accueil de réfugiés et collecte de dons

En temps normal, cette association permet aux deux villes de développer leurs liens culturels, programmer des échanges scolaires, organiser des évènements aux couleurs de la commune partenaire et valoriser son patrimoine, des coûts supportés par les municipalités elles-mêmes et les comités de jumelage. Selon France Bleu, une ville moyenne, de 30.000 à 40 000 habitants, consacre à ce budget entre 30.000 et 50.000 euros par an. Mais depuis l'invasion russe en Ukraine, certaines communes dépassent le cadre de ces coopérations pour apporter de l'aide humanitaire à leurs partenaires ukrainiens.

C'est le cas de la mairie de Toulouse, liée à Kiev depuis 1975, qui invite les habitants qui souhaitent héberger des réfugiés ukrainiens à se faire connaître en s'inscrivant sur le site de la mairie, rapporte le quotidien La Dépêche. Marseille a aussi envoyé mardi trois ambulances remplies de matériel médical à Odessa, sa jumelle depuis 1972, conduites par des marins-pompiers de la cité phocéenne, tandis qu'un volume important de dons doit être acheminé sur place d'ici la fin de la semaine. Quant à Lille, qui s'est associée à Kharkiv en 1978, la maire socialiste Martine Aubry a indiqué que la municipalité avait identifié 230 places d'hébergement disponibles.

Même les plus petites communes sont particulièrement inquiètes pour leur jumelle, au vu de la violence de l'offensive russe. "J’ai envoyé des mails, des sms, sans réponse. Même avec Facebook, je n’ai pas de nouvelles d’amis très chers que je connais là-bas, ni du maire ou de l’ancien maire", s'alarmait déjà avant le conflit le président du comité de jumelage de Romilly-sur-Seine, située dans l'Aude, avec la commune ukrainienne d'Ouman, auprès de France 3 Régions. Un partenariat qui court depuis 1967. Certaines villes s'appuient aussi sur leurs liens avec des municipalités polonaises, pour venir en aide au peuple ukrainien.

De nouveaux jumelages noués face à l'urgence de la situation en Ukraine

Les jumelages remontent ainsi souvent à plusieurs décennies en arrière, jusqu'en 1960 pour le plus ancien, qui lie Nice et Yalta. Mais certaines municipalités ont décidé de passer le pas tout dernièrement, depuis le début de l'invasion russe en Ukraine. Parmi elles, Bourges, dans le Cher, qui a lié une association avec l'ukrainienne Korosten, deux communes de 65.000 habitants toutes deux, à 2500 kilomètres de distance de l'une de l'autre. Le maire de Bourges a pris contact dimanche avec son homologue ukrainien, et a pu constater que sur place, des bombardements ont déjà détruit des bâtiments et 60% des femmes et des enfants ont dû quitter cette ville du Nord ukrainien. ...
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