Une façade éventrée, des murs emportés par le souffle de la frappe, des lambeaux de revêtement d'isolation qui pendent dans le vide et une montagne de débris au pied du bâtiment : le bombardement d'un hôpital pédiatrique et d'une maternité de Marioupol mercredi sonne comme un symbole de l'acharnement des forces russes sur cette ville du sud-est de l'Ukraine. Sur des images tournées après le drame, à retrouver dans le reportage du 13H de TF1 en tête de cet article, on distingue aussi des carcasses fumantes de voitures, désossées par l'explosion.
Un immense cratère à quelques mètres du site laisse deviner la force de la frappe. Dans la nuit, le bilan s'est alourdi à trois personnes, dont une fillette. Juste après le drame, des survivants regroupés devant le bâtiment pleuraient les morts et recevaient pour certains des premiers secours. Le bombardement s'est produit alors que des femmes étaient en train d'accoucher dans l'hôpital, qui venait d'être ré-équipé, a indiqué à l'AFP un membre de l'administration militaire de la région de Donetsk.
Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé de son côté un "crime de guerre". "La frappe aérienne sur la maternité est la preuve ultime. Le génocide des Ukrainiens est en cours", a-t-il lancé dans un message vidéo. "Aujourd'hui mon cœur est plein de colère. C'est très difficile de choisir les mots pour décrire ce qui est arrivé aujourd'hui à ma ville bien-aimée", a déclaré pour sa part le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, dans une vidéo partagée sur Telegram, dans laquelle il apparaît très ému. "Je suis sûr qu'un jour viendra où tous ces occupants seront assis dans le box à (la cour internationale de) La Haye. Et ce crime de guerre sera puni et ceux qui l'ont commis brûleront en enfer", a-t-il ajouté.
L'attaque de mercredi a aussi suscité l'indignation de l'Unicef et de plusieurs pays Occidentaux, la Maison Blanche dénonçant l'usage "barbare" de la force contre des civils et le chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell attaquant un "crime de guerre odieux". Du côté de Moscou, on affirme que le bâtiment servait de base à des soldats ukrainiens nationalistes, "le bataillon Azov et d'autres radicaux" selon le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, qui a aussi affirmé que "toutes les femmes en couches, toutes les infirmières et tout le personnel de soutien ont été mis à la porte" par ces combattants.
La ville, port stratégique sur la mer d'Azov, est en état de siège depuis dix jours, sous le feu de l'artillerie russe. Ce jeudi matin encore, des bombardements ont visé des immeubles d'habitation, laissant de larges panaches de fumée noire de part et d'autre de la ville. Les routes disparaissent sous un manteau de poussières et des débris d'explosion. Des fosses communes ont même été creusées dans l'urgence et les corps s'y entassent.
Les civils sont les premières victimes de cette offensive acharnée : le siège a fait pour l'heure 1207 tués et "un demi-million de gens vivant sans électricité, eau, chauffage ni communications", a indiqué la mairie de la ville sur Telegram. Les files s'allongent pour remplir des bidons d'eau aux fontaines publiques, et la situation humanitaire est catastrophique. "On n'a plus de gaz, il fait tellement froid, on n'a pas de nourriture, il y a des pillages. Les corps sont enterré...
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