Hôpital pour enfants bombardé à Marioupol : comment Moscou se justifie

LCI - 10/03
[VIDÉO] - Après l'attaque d'un hôpital pour enfants à Marioupol, les condamnations pleuvent sur Moscou. Le Kremlin promet de "se renseigner auprès des militaires". Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères prétend que le site abritait des "nationalistes ukrainiens".
L'essentiel

Après l'attaque d'un hôpital pour enfants à Marioupol, les condamnations pleuvent sur Moscou.

Le Kremlin promet de "se renseigner auprès des militaires".

Dans le même temps, le ministre russe des Affaires étrangères prétend que le site abritait des "nationalistes ukrainiens".

Le bombardement, par l'aviation russe, d'un hôpital pour enfants de Marioupol, qui a tué trois personnes dont une fillette, mercredi 9 mars, a suscité l'indignation dans le monde entier. Cette attaque sur des civils dans une ville assiégée survenait à la veille de négociations directes entre les ministres des Affaires étrangères russe et ukrainien. Moscou semble alterner deux lignes de défense : mettre en doute l'évènement lui-même, ou accuser les "nationalistes ukrainiens" de s'être cachés dans ce complexe hospitalier.

"Nous allons obligatoirement nous renseigner auprès de nos militaires", a promis, ce jeudi matin, le porte-parole du Kremlin. "Nous, comme vous, n'avons pas une information claire sur ce qu'il s'est passé", a affirmé Dmitri Peskov, "et a priori, les militaires nous donneront des informations". Alors que les images ont fait le tour du monde, et indigné toutes les chancelleries occidentales, Moscou semblait mettre en doute sa réalité même.

Cette maternité a été reprise (...) par le bataillon Azov et d'autres radicaux

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères

Le chef de la diplomatie russe a été moins évasif. Lors de la conférence de presse qui a suivi son entretien avec son homologue ukrainien en Turquie, il a même justifié le bombardement de ce complexe hospitalier pour enfants. "Cette maternité a été reprise depuis longtemps par le bataillon Azov et d'autres radicaux", a expliqué Sergueï Lavrov, "et toutes les femmes en couches, toutes les infirmières et tout le personnel de soutien ont été mis à la porte". Le "régiment Azov", dont la proximité de certains membres avec le mouvement néonazi est avéré, sert régulièrement de base à Moscou pour qualifier le régime ukrainien de "fasciste" ou de "néonazi"- parmi les slogans du Kremlin pour justifier l'invasion de l'Ukraine.

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Contre-feu ? Moscou a accusé dans le même temps "le Pentagone" d'avoir financé "un programme d'armes biologiques" en Ukraine, dont l'armée russe aurait trouvé des preuves lors de sa progression dans le pays. Un sujet qui préoccupe beaucoup plus la presse russe, ce jeudi matin, que le bombardement d'un hôpital pour enfants à Marioupol, complètement absent des journaux.

Frédéric Senneville

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