Des astronomes de l'ESO pensaient avoir découvert un trou noir stellaire à seulement 1.000 années-lumière de la Terre. Ils ont maintenant de sérieux doutes sur l'existence de ce qui serait donc le trou noir connu le plus proche du Soleil.
« La science ne souscrit à une loi ou une théorie qu'à l'essai, ce qui signifie que toutes les lois et les théories sont des conjectures ou des hypothèses provisoires. » Ainsi s'exprimait le grand philosophe Sir Karl Raimund Popper dans son célèbre ouvrage Conjectures et réfutations, publié en 1953. On en voit une illustration avec un communiqué de l'ESO dans lequel une équipe dirigée par des astronomes de l'Observatoire européen austral revient avec d'autres collègues, en l'occurrence une équipe internationale basée à la KU Leuven, en Belgique, sur une découverte annoncée en 2020 - Futura en avait parlé dans le précédent article ci-dessous.
À l'époque, Thomas Rivinius, astronome de l'ESO basé au Chili, avait avancé avec ses collègues que le système stellaire HR 6819 était un système triple avec une étoile binaire contenant un trou noir stellaire. Comme ce membre du catalogue Henry Draper (HD) est à environ 1.000 années-lumière du Système solaire, cela faisait de ce trou noir le plus proche connu de la Terre.
Mais aujourd'hui, comme on peut le constater dans un article publié dans Astronomy & Astrophysics, les astronomes reviennent sur cette interprétation en expliquant qu'ils se sont probablement trompés et que HR 6819 est une étoile double sans trou noir.
Julia Bodensteiner, alors doctorante en 2020 à la KU Leuven, en Belgique, et qui cosigne aujourd'hui l'article avec Thomas Rivinius, avait déjà émis des doutes avec d'autres chercheurs. Les deux équipes pensent conjointement maintenant que HR 6819 est plutôt un système « vampire » avec deux étoiles bouclant une orbite en 40 jours et qui sont dans une phase rare et éphémère de l'évolution de ce système binaire.
Pour arriver à cette conclusion, alternative à la première théorie proposée, les astronomes ont encore mobilisé les instruments de l'ESO, en l'occurrence le Very Large Telescope (VLT) et le Very Large Telescope Interferometer (VLTI) qui permet de combiner les observations de plusieurs télescopes pour synthétiser des images correspondant à un instrument virtuel de plus grande taille, malgré les limites ...
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