Mis en œuvre à l'occasion de la saison Africa2020 soutenue par l'Institut français, le cycle « Tigritudes » s'est plongé dans l'histoire des cinémas d'Afrique de laquelle il a exhumé des œuvres rares et emblématiques du 7e art africain depuis 1956, année de l'indépendance du Soudan. Au menu, 126 films de 40 pays pour illustrer 66 ans d'histoire du cinéma du continent, tout cela agrémenté de deux master class, six cours de cinéma et des rencontres transversales. En guise d'ouverture, Dyana Gaye et Valérie Osouf ont choisi le chef-d'œuvre restauré du Camerounais Dikongué Pipa : Muna Moto. Pour clôturer le cycle, son parrain Wolé Soyinka, Prix Nobel de littérature en 1986 s'est spécialement déplacée jusqu'à Paris. Le signe d'une grande considération, mais aussi d'une volonté d'enraciner dans les mémoires ces moments exceptionnels qui ont jalonné le parcours du cinéma africain de la période des Indépendances à maintenant. Valérie Osouf nous décrit l'esprit, les pépites et l'avenir de ce cycle « Tigritudes ».
Le Point Afrique : Comment vous est venue l'idée de ce cycle sur le cinéma africain ?
Valérie Osouf : Tout d'abord, il faut savoir que la programmation de ce cycle est bicéphale. Dyana Gaye et moi avons été très inspirées par un travail vu dans un musée il y a quatre ans. Il était intitulé « Sismographie des luttes » (Itinérance de l'exposition Sismographie des luttes en 2018-2019 https://www.inha.fr/fr/actualites/actualites-de-l-inha/en-2018/itinerance-de-l-exposition-sismographie-des-luttes.html) et avait été réalisé par Zahia Rahmani, une historienne d'art. Elle avait articulé 1 000 revues critiques et politiques, ...
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