Le «roman de Cléopâtre» n'a cessé de fasciner et a fortement influencé une multiplicité de représentations. Elles ont été majoritairement infléchies par le discours idéologique issu de la propagande d'Auguste, le vainqueur, qui la dépréciait en tant que «femme» et «barbare», et la peignait en séductrice fatale qui aurait causé la perte d'Antoine.
À cause de cette représentation, on tend à perdre de vue ce que Cléopâtre a été vraiment: un pharaon alexandrin, étranger, qui souhaitait réaffirmer la puissance de son royaume en revendiquant l'héritage idéologique de la monarchie théocratique égyptienne.
Dans son livre, Cléopâtre l'Égyptienne, Bernard Legras, professeur d'histoire grecque et spécialiste du monde hellénistique, se propose de retracer «l'histoire rationnelle» de cette souveraine singulière pour mieux en cerner la part «grecque» et «égyptie...
[Courte citation de 8% de l'article original]