Aujourd'hui, dans le Cabinet de Curiosités, nous partons en Amérique du Sud à la rencontre des tsantsas que l'on connaît mieux sous le nom de têtes réduites. Âmes sensibles, il est possible pour vous de passer votre chemin. Pour les autres, installez-vous confortablement, faire bouillir de l'eau pour votre thé -- et seulement pour votre thé --, et commençons.
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Qu'on les retrouve dans une salle d'attente aux portes de l'Inframonde dans Beetlejuice, ou à l'avant d'un bus magique dans l'univers d'Harry Potter, les têtes réduites ont depuis longtemps captivé l'imaginaire collectif et continuent régulièrement de s'immiscer dans les œuvres de fiction. Car si une main coupée ou un livre relié en peau humaine ont déjà de quoi choquer, porter atteinte à la tête et au visage d'un individu, c'est porter atteinte à son essence, un acte sacrilège pour nombre d'entre nous, un tabou implicite qui bouscule la raison et excite l'imaginaire. Mais, croyez-le ou non, la véritable horreur associée à ces têtes ne réside pas tant dans l'artefact lui-même ou les raisons qui motivent sa conception, mais plutôt dans la manière dont les étrangers à cette culture ont corrompu la pratique.
On les appelle tsantsas dans leur langue d'origine. Objets fétiches, vaisseaux de pouvoirs, pivots de la vie sociale des Shuars, les têtes réduites sont une institution chez les Jivaros. (N.B. ce terme est encore parfois utilisé aujourd'hui pour désigner un ensemble de cinq tribus résidant dans les forêts de la Haute-Amazonie et appartenant au même groupe ethnolinguistique. Il est cependant problématique et ne sera utilisé qu'une fois dans ce texte afin de situer le lecteur ou la lectrice qui l'aurait déjà croisé. En effet, le ...
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