J'ai testé trois TV RGB Mini LED : voici ce que cette technologie apporte vraiment (et ce qu'elle ne change pas) — Frandroid

Sylvain Pichot - FrAndroid - 25/07
Sony Bravia 9 II, Hisense UR9S, Samsung R95H : trois marques, un même principe, des diodes rouges, vertes et bleues à la place des LED blanches du
Sony Bravia 9 II, Hisense UR9S, Samsung R95H : trois marques, un même principe, des diodes rouges, vertes et bleues à la place des LED blanches du rétroéclairage. Après les avoir passés à la sonde, le résultat est contre-intuitif. Le modèle qui couvre le mieux l’espace BT.2020 n’est pas celui auquel j’ai attribué la meilleure note. Et celui qui le couvre le moins est ma référence de l’année. Explications.
TV Sony Bravia 9 II // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Depuis le CES 2026, le discours est rodé chez tous les constructeurs : couverture record de l’espace BT.2020, luminosité en hausse, pureté chromatique inédite. Trois tests complets plus tard, mes mesures racontent une tout autre histoire. La luminosité ne doit rien au RGB.

Pour aller plus loin Quels sont les meilleurs TV ? Notre sélection des TV Oled, QLED et Mini LED

La couverture colorimétrique explose, mais elle ne prédit plus rien. Et sur ces trois téléviseurs, le classement des couvertures BT.2020 est très exactement l’inverse de celui des notes. Prenons le temps de démonter tout ça afin de mieux comprendre ce que cette technologie apporte réellement – et elle apporte beaucoup, mais pas là où on nous le raconte.

Couverture de l’espace colorimétrique BT.2020 du Hisense UR9S // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le principe : on ne filtre plus la lumière, on la fabrique

Un rappel s’impose, parce qu’il conditionne tout le reste. Un écran LCD n’émet pas de lumière, il en bloque. Derrière la dalle, un rétroéclairage éclaire en permanence et les cristaux liquides font office de volets. Depuis une dizaine d’années, ce rétroéclairage repose sur des LED bleues associées à une couche de quantum dots qui convertit une partie de ce bleu en rouge et en vert pour recomposer un blanc. Ce blanc traverse ensuite les filtres colorés de la dalle. À chaque étape, on perd de la lumière et on élargit les pics spectraux : autrement dit, on dilue la pureté des couleurs avant même qu’elles n’atteignent l’œil.

Rétroéclairage classique avec LED et Mini LED // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le RGB Mini LED renverse la logique. Le rétroéclairage est constitué de diodes rouges, vertes et bleues distinctes, pilotables séparément. Sur le Samsung R95H, ces trios mesurent 90 micromètres chacun et émettent directement les primaires, sans conversion. La lumière n’est plus transformée puis filtrée : elle est produite d’emblée à la bonne longueur d’onde.

Mini LED versus « Micro RGB » de Samsung // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Les conséquences sont triples. Les primaires deviennent plus pures, donc le gamut s’élargit mécaniquement. Le rendement grimpe sur les teintes saturées, puisqu’on ne jette plus l’essentiel du spectre dans un filtre coloré. Et surtout, le local dimming devient chromatique : chaque zone peut désormais être éclairée dans une dominante, et non plus seulement plus ou moins fort.

Rétroéclairage Mini LED « classique » à gauche ve...
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