Dans les Andes, un savoir ancestral pour alimenter Lima en eau

GEO - 25/07
Dans les Andes péruviennes, des hameaux de haute altitude restaurent des canaux de l’époque pré-inca afin de collecter la pluie. Objectif : diversifier les cultures en dépit d’une sécheresse accrue, et aussi alimenter la capitale en eau.

L'étroite piste ne cesse de grimper et de redescendre, traversant les cultures en terrasses plantées de patates, de fèves et de maïs, avant d’arriver sur la crête pelée où a poussé le village péruvien de San Pedro de Casta. Quelques ruelles poussiéreuses, des maisons dont le crépi défraîchi révèle les murs de brique, et des toits de tôle miroitant dans un ciel limpide. Un hameau andin à 3 000 mètres d’altitude, avec une particularité : de là, la vue plonge sur une vallée étonnamment verte, au fond de laquelle poussent des arbres fruitiers.

Entre avocatiers, pommiers et chérimoliers –Annona cherimola, un arbre au fruit à chair blanche dont le goût rappelle la barbe à papa –, on distingue les courts zigzags de la Santa Eulalia. Cette rivière née dans la cordillère des Andes est le principal affluent du fleuve Rímac, qui arrose Lima, à 70 km à vol d’oiseau. Et si la capitale (où tombe cinq à dix fois moins de pluie qu’au Sahara) peut en profiter, c’est en partie grâce au trésor de San Pedro de Casta. Eufronio Obispo Rojas, le spécialiste des questions relatives à l’eau dans le village, montre un flanc de vallée où une ligne horizontale court sur la roche : "C’est l’une des amunas que nous avons restaurées", dit-il. Comprendre : l’un des canaux construits entre les VIIIe et XIe siècle par les Waris, peuple andin qui occupait le sud du Pérou actuel, et connu pour s...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...