Journaliste d’investigation, militante et pionnière du féminisme noir, Ida Bell Wells-Barnett a consacré plus de quarante ans de sa vie à dénoncer les lynchages et le racisme aux États-Unis. Le 16 juillet 1862, alors que les États-Unis sont déchirés par la guerre de Sécession, Ida Bell Wells voit le jour à Holly Springs, dans le Mississippi. Elle naît dans une famille réduite en esclavage, alors que l’avenir de millions d’Afro-Américains se joue sur les champs de bataille et dans les débats politiques autour de l’abolition. Trois ans plus tard, la Proclamation d’émancipation met officiellement fin à l’esclavage pour sa famille.
Les années qui suivent nourrissent l’espoir d’une société plus égalitaire. La Reconstruction ouvre de nouvelles perspectives aux anciens esclaves, mais cet optimisme est brutalement interrompu en 1878 lorsqu’une épidémie de fièvre jaune frappe Holly Springs… En quelques semaines, Ida, qui n’a alors que 16 ans, perd ses deux parents ainsi que l'un de ses petits frères. Elle devient alors celle sur qui ses frères et soeurs vont compter et plutôt que de voir sa famille dispersée, Ida décide de se faire certifier en tant qu’institutrice afin d’avoir une situation et d’être en mesure de s’occuper des siens.
Ida B. Wells chassée d'un wagon pour sa couleur de peau
Avant de devenir une journaliste reconnue, Ida B. Wells fait parler d’elle pour un acte de résistance qui préfigure celui de Rosa Parks, plus de 70 ans avant le boycott des bus de Montgomery. En mai 1884, elle monte dans un train munie d’un billet de première classe. Installée dans le wagon réservé ...
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