Le rachat de Cowboy par Rebirth devait mettre fin à deux ans de galère à la suite de graves difficultés financières. La marque bruxelloise, lancée en 2017 et devenue une référence du vélo électrique connecté, sortait d’un exercice 2024 catastrophique (chiffre d’affaires en recul de 36 % à 21,7 millions d’euros, perte opérationnelle de 21 millions) et son rapport annuel évoquait un risque de faillite à court terme sans financement additionnel.
Ces difficultés ont été aggravées par un rappel massif du Cowboy 4 ST, lié à un risque de casse du cadre et provisionné autour de 5,6 millions d’euros, qui a pesé à la fois sur la trésorerie de la marque et sur son approvisionnement en pièces.
Le groupe français Rebirth, qui assemblait déjà les Cowboy dans son usine Re-Cycles de Romilly-sur-Seine et qui détient Peugeot Cycles, Gitane, Solex, Matra ou encore Angell, a annoncé la reprise de 80 % du capital en septembre 2025, avec 15 millions d’euros d’investissement à la clé. « Cette année, l’entreprise perdra encore 8 à 10 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 20 à 22 millions », expliquant à l’époque Grégory Trebaol, patron de Rebirth.
L’opération a été officialisée le 18 décembre, signée le 23 selon Grégory Trebaol. Rebirth chapeaute la marque depuis le 10 janvier.
Six mois plus tard, une partie des clients se sentent toujours abandonnés. Nous avons recueilli les témoignages de trois utilisateurs, puis nous avons rencontré Grégory Trebaol à la mi-juin pour lui soumettre leurs griefs.
Cet article fait partie d’un dossier global sur Rebirth. C’est le premier article d’une série de trois, exclusivement dédiée à Cowboy/Rebirth :
Livio (nous ne citerons pas son nom de famille) a acheté son Cowboy C4 neuf il y a deux ans et demi, à la boutique (ou plutôt au showroom) que la marque tenait alors au Bon Marché, à Paris. Le vélo est son moyen de déplacement principal entre son travail et son domicile. Entre l’achat et son expérience, son avis sur le produit a évolué : « Le vélo est présenté comme un produit premium, mais, en réalité, il n’a de premium que le design. La qualité des composants n’est pas excellente. C’est également ce que m’ont dit les magasins de vélos qui s’occupaient de l’assistance. »
Les premiers ennuis ont été les suivants : du jeu entre le guidon et la fourche, signalé par un magasin agrée alors qu’il avait apporté le vélo pour autre chose, puis un câble enroulé dans la roue arrière, qui a valu un remplacement complet de la roue. Les réparations étaient à l’époque rapides, avec une garantie de rapidement remonter en selle.
Source : CowboyAu bout d’un an, l’assistance a commencé à se couper. « Le vélo se déconnectait d’abord du Bluetooth. Ensuite, l’assistance se coupait régulièrement : parfois toutes les cinq...
[Courte citation de 8% de l'article original]