Libertés religieuses : Quand la loi appelle la Sagesse - leFaso.net

LeFaso - 23/07
L'adoption de la loi portant libertés religieuses suscite des débats et des interrogations au Burkina Faso. Dans cette tribune, le Pr Mamadou (…)

L’adoption de la loi portant libertés religieuses suscite des débats et des interrogations au Burkina Faso. Dans cette tribune, le Pr Mamadou Lamine Sanogo, directeur de recherche en sociolinguistique à l’INSS-CNRST, plaide pour une mise en œuvre fondée sur l’équité, le dialogue et la responsabilité partagée. S’appuyant sur les enseignements de grandes figures de la pensée africaine, il invite l’État, les communautés religieuses et les intellectuels à privilégier la sagesse afin de préserver la cohésion sociale et la paix.

Aux communautés, la responsabilité ; à l’État, l’équité Cette tribune exprime une réflexion strictement personnelle

L’adoption, le 20 juin 2026, de la loi portant libertés religieuses ouvre une nouvelle étape dans les rapports entre l’État, les communautés de foi et les citoyens du Burkina Faso. Selon les informations publiées par l’Assemblée législative du peuple, le texte adopté résulte d’un processus de consultation et de révision ayant conduit à l’intégration de 202 amendements. Il ambitionne de concilier la liberté de culte, l’ordre public et la préservation de la cohésion sociale.

Une loi touchant à la religion ne peut cependant être reçue comme une loi ordinaire. Elle intervient dans un domaine où se rencontrent l’intime et le collectif, la conscience personnelle et l’organisation publique, la foi des individus et les responsabilités de l’État.

Elle suscite donc légitimement des attentes, des interrogations et parfois des inquiétudes. Il serait imprudent de nier ces inquiétudes. Il serait tout aussi dangereux de les transformer en motifs de rupture, de défiance ou d’affrontement. Le moment n’appelle ni les applaudissements sans examen ni les condamnations sans lecture. Il appelle la responsabilité, le discernement et la sagesse.

Une loi peut fixer des règles, prévoir des procédures et définir des obligations. Mais elle ne peut produire, à elle seule, la confiance entre l’État et les citoyens. Cette confiance dépend de la clarté des dispositions, de l’équité dans leur application, de la qualité du dialogue et de la maturité des acteurs concernés. Il n’est pas nécessaire d’être opposé à la loi pour demander qu’elle soit bien expliquée et justement appliquée. Il n’est pas davantage nécessaire de soutenir un régime politique pour appeler au respect du cadre légal commun. Entre l’approbation automatique et la contestation systématique existe une voie plus exigeante : celle de la vigilance constructive.

Une loi ne devrait pas devenir une ligne de frac...
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