La menace des Houthis de fermer Bab al-Mandab peut être interprétée comme une tentative claire d’augmenter le coût du conflit et d’élargir le cercle du chantage iranien du Yémen à l’une des voies maritimes les plus importantes du monde.
À un moment régional extrêmement sensible, la crise yéménite recoupe la confrontation ouverte entre l’Iran et ses opposants, ainsi que les intérêts saoudiens directs dans la sécurité de la mer Rouge et la stabilité du commerce énergétique.
Dans ce contexte, Riyad semble être confronté à une équation délicate : contenir l’escalade politique par les voies internationales, tout en maintenant une dissuasion navale stricte qui empêche que la menace ne se transforme en réalité.
En lisant son comportement politique, on peut dire que l’Arabie Saoudite adopte une stratégie de dissuasion équilibrée à Bab al-Mandeb : « coup pour coup » lorsque les lignes rouges sont franchies, sans sombrer dans une guerre globale dans laquelle l’Iran tente de l’entraîner pour élargir le cercle de l’usure et augmenter les coûts.
Le Royaume ne considère pas Bab al-Mandab comme une porte d’entrée vers une confrontation ouverte, mais plutôt comme une arène qu’il faut contrôler et empêcher ses opposants d’en faire une carte de chantage régional.
Cela ne signifie pas l’absence de dimension offensive dans la pensée saoudienne, mais cela signifie plutôt que Riyad équilibre la dissuasion et la politique, entre la protection de ses intérêts vitaux et le fait d’empêcher ses opposants de l’entraîner dans une longue arène d’usure dont ils ont choisi le moment.
En outre, la sécurité de la navigation maritime est c...
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