"Avant de remercier Dieu, je voudrais dire : ICE dehors". C'est avec ces mots que Bad Bunny commence son discours aux Grammy Awards, en février dernier, alors qu'il reçoit le prix du Meilleur album de l'année. Comme artiste, il vient de percer un plafond de verre : c'est la première fois qu'un disque entièrement écrit en espagnol est récompensé dans cette catégorie. Mais c'est ce qui passe alors dans la rue qui le préoccupe. La police de l'immigration sème la terreur, arrêtant et expulsant arbitrairement de nombreux citoyens. "Nous ne sommes pas des sauvages, des animaux, ou des extraterrestres. Nous sommes des êtres humains. Et nous sommes Américains", continue-t-il. Retransmis en direct, son intervention lui vaut les foudres des Républicains. Donald Trump qualifie sans surprise la soirée de "daube".
Le chanteur n'en est pas à son coup d'essai. Il s'oppose ouvertement à la politique migratoire américaine. Quelques mois auparavant, il avait annoncé qu'il ne se produirait pas aux États-Unis dans le cadre de son actuelle tournée, exprimant au magazine britannique I-D son inquiétude quant à la présence d'agents de l'ICE devant les salles de concert. Sa musique étant extrêmement populaire chez les Latinos, il est...
[Courte citation de 8% de l'article original]