Ils travaillent pour leurs maîtres sans être payés, se transmettent en héritage, sont parfois brutalisés, pour les femmes violées. Et leurs enfants subiront le même sort car "ce statut on ne peut pas l'effacer", comme le dit Kanisius Kanyali Hambarita.
Le jeune homme de 34 ans est l'esclave de Umbu Ana Rara de trois ans son cadet.
Pour atteindre leur village de Tengeddu, connu des touristes pour ses spectaculaires chutes d'eau, il faut parcourir une route cahoteuse qui serpente entre la mer et des collines arides, à 50 km de Waingapu, principale ville de Sumba. On y croise des chèvres et des vaches errantes. Au loin gambadent des troupeaux de chevaux sauvages.
En cette fin de matinée, les deux hommes chiquent des noix de bétel, cette graine de palmier aux effets euphorisants, assis devant la demeure du maître au typique toit en forme de cône.
En apparence, rien ne les distingue. Ils sont habillés de T-shirt et de sarong, habitent la même maison traversée de poules et de cochons, dorment sur le même type de natte au sol et partagent la même vie hors du temps où l'on cuisine au feu de bois et où l'on ne capte pas de signal pour le téléphone mobile.
Umbu Ana Rara dit traiter son esclave "comme un membre de la famille". Il l'autorise à gagner un peu d'argent comme moto-taxi et lui confie un lopin de terre qu'il cultive pour ses propres besoins.
Que pense Kanisius Kanyali Hambarita de son statut ? "Je ne m'y oppose pas, c'est comme ça. Ce n'est pas un poids. Ce n'est que le symbole d'une tradition héritée de nos ancêtres", dit-il à l'AFP devant son maître qui souvent finit ses phrases à sa place.
L'esclavage, qui remonte ici au XVIe siècle selon les historien...
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