Qui est Jérôme Cahuzac ? Un "super chirurgien, super député, super ministre", tel que décrit par un ancien collaborateur à Bercy ? Ou alors "Birdie", qui ouvre en 1992, sous ce pseudonyme, un compte en Suisse - dont il niera l'existence envers et contre tout -, ne sachant "pas quoi faire" de son argent ?
Après un retrait de la vie médiatique, suite à sa condamnation pour fraude fiscale, en 2018, l'ex-ministre du Budget revient sous les projecteurs ce jeudi 17 février à 19h dans l'émission de David Pujadas. Voici les principales étapes de cette retentissante affaire qui avait secoué le quinquennat de François Hollande.
Le destin de Jérôme Cahuzac, aujourd'hui 69 ans, bascule le 4 décembre 2012. Ministre pour la première fois, ce passionné de fiscalité a la lourde tâche de prendre en charge le ministère du Budget quand le site Mediapart l'accuse d'avoir détenu, jusqu'au début 2010, "un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève" avant de déplacer ses avoirs à Singapour. Il dément sur son blog et par voie de presse, et qualifie ces accusations "d'élucubrations". Mais le lendemain, le site d'information publie un enregistrement de fin 2000, dans lequel un homme, supposé être Jérôme Cahuzac, s'inquiète à propos de ce compte. Interpellé sur le sujet à l'Assemblée nationale, le ministre nie les faits. "Je n'ai pas et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant", déclare-t-il. Pendant quatre mois, il dément catégoriquement, "les yeux dans les yeux" des députés, de ses amis politiques et des journalistes.
"Je mets toute la force que j'ai à essayer d'éteindre l'incendie, alors que c'est déjà un feu de forêt". Jérôme Cahuzac s'enferre dans le mensonge. Mais l'étau de la justice se resserre : le parquet de Paris, qui menait une enquête préliminaire depuis début janvier 2013, déclare que la voix de l'enregistrement est probablement, selon l'expertise de la police, celle du ministre d'alors. Le parquet ouvre une information judiciaire contre X, pour "blanchiment de fraude fiscale". Il quitte le gouvernement, indique qu'il pourra ainsi se consacrer à sa défense et clame toujours son innocence. Il est remplacé par Bernard Cazeneuve.
Jérôme Cahuzac reconnaît devant les juges avoir détenu un compte à l'étranger, ouvert en 1992 à l'UBS, en Suisse (nom de code "Birdie"), rapidement transféré auprès de la banque Reyl à Genève puis, en 2009, à Singapour via des sociétés immatriculées au Panama et aux Seychelles. Il est mis en examen pour fraude fiscale et blanchiment d'argent. "Dévasté par le remords", il finit par reconnaître les faits devant les juges d'instruction. Sur son blog, il écrit détenir 600.000 euros à l'étranger et demande publiquement pardon pour "une faute inqualifiable". Fin 2013, le compte de Singapour est fermé et les plus de 600.000 euros qu'il contenait rapatriés.
Patricia Cahuzac, ex-épouse de l'ancien ministre, également mise en examen, avoue l'existence d'un compte sur l'île de Man, ouvert en 1997 à la Royal Bank of Scotland. Il fallait placer l'argent qui coulait à flots à la florissante clinique d'implants capillaires gérée par Jérôme Cahuzac et son épouse, dermatologue. Elle avait ensuite ouvert un compte à la BNP Genève en décembre 2006 dont les avoirs avaient été transférés à la banque suisse Gonet, fin 2010. En 2014, plus de 2,7 millions d'euros sont rapatriés de l'île de Man.
Jérôme Cahuzac est cond...
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