« C’était un massacre » : des gangs haïtiens commettent des massacres à travers le pays

Harriet Barber - TheGuardian - 02/07
Le Guardian a trouvé des preuves d'un massacre qui a fait au moins 70 morts parmi les civils alors que les forces de sécurité du pays luttent pour contrôler même les routes principales menant à la capitale.

Il est 2 heures du matin lorsque les coups de feu commencent. Le quartier de la campagne haïtienne est endormi. "Pow, pow, pow – des tirs rapides venant de toutes les directions", explique Merçide Daniel, 45 ans, mère de quatre enfants. "C'était le gang Gran Grif qui venait s'emparer de notre quartier et en faire une base."

Des dizaines d'hommes portant des vêtements civils et des bandanas, des fusils en bandoulière autour du cou, envahissent le village en tirant sans discernement.

Les habitants qui tentent de fuir sont abattus alors qu'ils courent. D'autres sont arrachés de chez eux. Certains sont envoyés à bout portant.

"Ils nous tiraient dessus, nous attaquaient. J'ai couru me cacher dans les buissons et quand j'ai regardé en arrière, ils avaient tout incendié", raconte Daniel, décrivant l'attaque du 29 mars contre la colonie de Jean-Denis par le Gran Grif, l'une des organisations criminelles les plus redoutées d'Haïti.

Maison après maison est incendiée, certaines avec des résidents coincés à l'intérieur. Au matin, d'épaisses colonnes de fumée s'élèvent encore des maisons, les bâtiments autrefois peints de couleurs réduites à des coquilles carbonisées.

Des hommes armés tirent sauvagement sur Jean-Denis dans une vidéo recueillie par les enquêteurs des droits de l'homme

Au matin, des dizaines de corps jonchent les routes. Le crépitement des coups de feu continue au loin.

Ceux qui survivent se promènent corps après corps, filmant la dévastation et recherchant ceux qu’ils connaissent. Dans un groupe de corps, un homme vêtu d'un haut de couleur kaki est étendu sur le sol, avec des coupures au visage et des blessures par balle à la poitrine et au bras. Le sang tache la terre sous lui.

En face de lui se trouve un autre homme en short bleu, avec une blessure suintante au cou. A proximité, un troisième homme vêtu d'une chemise rayée est allongé sur le dos, le sang s'accumulant autour de sa tête.

Un homme en sweat à capuche bleu s'étale immobile sur le sol, sa casquette blanche tombée à côté de lui. Un autre homme, vêtu de rouge, a été tué alors qu'il était accroupi sous un abri de fortune ou sous un porche. Ses jambes sont...
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