Après près de 5 ans de silence et de refus de participer au classement des 500 HPC les plus puissants de la planète, la Chine fait officiellement son retour dans le « TOP500 » et s’empare d’emblée de la première place. Mais cet événement IT est loin d’être le seul enseignement des nouveaux palmarès Top500 et Green500.
La publication bi-annuelle du classement TOP500 des 500 supercalculateurs les plus puissants de planète est toujours un évènement. Elle offre un regard technique non seulement sur la progression technologique des supers ordinateurs HPC mais aussi sur les efforts réalisés en matière d’optimisation des consommations énergétiques (via le classement GREEN500) et plus encore sur les grands équilibres géopolitiques du calcul intensif. Car derrière les scores HPL, les processeurs, les accélérateurs et les interconnexions se dessine une autre cartographie : celle des nations capables de mobiliser des infrastructures extrêmes pour la recherche, l’industrie, la défense, le climat, l’énergie ou désormais l’intelligence artificielle.
La publication cette semaine du premier classement « 2026 » est riche de nombreux enseignements :
– La Chine fait son retour. Pékin avait cessé de jouer pleinement le jeu du TOP500 dès 2021-2022, en ne soumettant plus ses machines les plus avancées.
– On pensait que le pays disposait d’ordinateurs exaflopiques mais il n’en existait pas de preuve concrète. Aujourd’hui, preuve est faite. Et non seulement la Chine dispose bien de machines exaflopiques mais elle dispose surtout de la plus puissante d’entre elles, grillant la politesse aux américains.
– Le LineShine Chinois atteint la performance exaflopique en s’appuyant exclusivement sur des CPU chinois et sans utiliser de « GPU IA avancés ».
– Le monde est bien entré dans l’ère exaflopique : Cinq systèmes publics sont désormais officiellement exascale : LineShine, El Capitan, Frontier, Aurora et JUPITER Booster.
– L’Europe fait officiellement son entrée dans le clan des entités disposant de machines exaflopiques. Bien qu’encore incomplet, le JUPITER (via son seul module Booster) atteint officiellement la barre du 1 exaflop.
– La France brille dans le Green500. KAIROS et ROMEO-2025 occupent les deux premières places mondiales de l’efficacité énergétique (classement Green500). Cocorico discret, mais très significatif. Et Bravo à Bull/Eviden qui occupe les 3 premières places !
– NVIDIA reste l’écrasant maître de la stack HPC. Ses technologies GPU ou Superchips équipent plus de 400 des 500 systèmes (81 %) et près de 9 nouveaux entrants sur 10. Néanmoins, c’est bien AMD qui domine sur les processeurs CPU du Top 10.
– Le GPU NVIDIA Grace Hopper règne sur l’efficacité. Les 8 premiers HPC du Green500 tournent sur GPU NVIDIA, 9 des 10 premiers sur sa technologie, les 4 premiers étant des superchips « Grace Hopper ».
– Le ticket d’entrée dans le TOP500 est désormais au-dessus des 2,66 Pétaflops.
– Le classement perd en représentativité. Les hyperscalers (Microsoft, Amazon, Meta, xAI…) n’y soumettent quasiment plus leurs infrastructures IA, pourtant bien plus massives.
Entrons un peu plus dans le détail des classements…