Si le mérite et le génie seuls de Marc Bloch suffisaient à légitimer son entrée par la grande porte du Panthéon, alors la République serait honteuse d’avoir attendu tant de temps. En revanche quel est le sens de son entrée, accompagné de sa femme seule.
Quel Marc Bloch veut-on faire entrer ? Le professeur d’histoire unique, le résistant héroïque, le penseur de la défaite et visionnaire des carences françaises, l’immense patriote qu’il fut ? L’exemple pour les générations futures… Tout cela sûrement, mais Bloch n’a jamais cherché à être un « grand homme ».
Fortement conscient de ce qu’il était, il ne demandait rien, ni lorsqu’il fut engagé seulement sergent parce que juif, durant la Première Guerre Mondiale alors qu’il aurait dû être de suite sous-lieutenant, ni lorsqu’il dut faire ses preuves pour démontrer qu’il pouvait être un bon résistant dans le groupe Franc-tireur de la région Lyonnaise après 1942.
Bloch n’a rien demandé d’autre que les élites de son pays soient enfin à la hauteur de son destin, que l’on sorte de la routine, que l’on rejette toutes les idées convenues, et que l’on ne fasse pas de cérémonies par paresse intellectuelle ou suivisme facile. En fait, tout ce que sera son entrée au Panthéon seul, le contraire de ce qu’incarnait Marc Bloch ne pensant jamais qu’au travers de la communauté française, de la patrie et de la nation, du collectif, de la socio-histoire des individus qu’il servit de mille manières jusqu’à la mort.
Marc Bloch, le résistant qui a bousculé l’écriture de l’Histoire, entre au Panthéon
Veut-on célébrer l’homme des Annales qui inventa avec d’autres la socio-histoire é...
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