Santé mentale : une grande cause nationale, vraiment ? Par le Pr Antoine Flahault

Le Pr Antoine FlahaultPublié le 19/06/2026 à 08:00 - L'Express - 19/06
Alors que les psychiatres hospitaliers menacent d'une grève mi-septembre si aucun plan "ambitieux et structuré" n'est proposé, notre chroniqueur rappelle que la santé mentale est un enjeu de santé publique à ne pas sous-estimer.

En 2018, le Premier ministre avait déclaré "grande cause nationale" la lutte contre les violences faites aux femmes. En 2024, c’était la promotion de l’activité physique et sportive. Puis Michel Barnier et Sébastien Lecornu ont tour à tour choisi la santé mentale en 2025 et 2026. La liste des "Grandes causes" qui s’égrènent depuis 1977 ressemble un peu à un inventaire à la Prévert. Ce sont tantôt des associations, tantôt des enjeux qui reçoivent ce label : on y retrouve "le Secours populaire" (1991), "les Petits frères des pauvres" (1996), ou encore "la lecture" (2021).

La "Grande cause nationale" n’est cependant pas toujours Le Grand soir. Si elle ne permet pas de transformer en profondeur la situation, au moins devrait-elle chercher à envoyer un signal fort et augmenter la cohésion nationale autour d’une problématique, avec des objectifs et des enjeux pour la nation jugés supérieurs. Elle suscite alors des attentes et des espérances et donc, inévitablement et de manière presque inversement proportionnelle, des déceptions et de l’insatisfaction. La santé mentale, déclarée successivement deux années de suite "Grande cause" nationale par deux Premiers ministres successifs, ne devrait pas faire exception à cette règle.

Déstigmatisation et appropriation par le public

On évoque aujourd’hui plus facilement la santé mentale qu’autrefois. On en parle à l’école, en entreprise, dans le milie...
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