TRANSPARENCE. Comment France Télévisions respecte-t-elle la présomption d'innocence ?

France Info - 20/06
De Patrick Bruel, à la disparition du petit Émile en passant par l’affaire Lyhanna, plusieurs dossiers récents illustrent les tensions entre exigence d'information et respect de la présomption d’innocence, principe fondamental. On vous explique comment, dans le paysage médiatique dominé par l'immédiateté, France Télévisions cherche à informer avec prudence.

"Je fais très attention aux mots que j'emploie. On ne m'entendra jamais dire à l'antenne : 'le meurtrier présumé'. On est présumé innocent, on n'est jamais présumé coupable, explique Noémie Schultz, spécialiste police justice à France Télévisions. Il existe d'autres mots pour parler des personnes sans porter atteinte à la présomption d'innocence. Moi je vais parler de 'suspect' ou de 'mis en cause'."

Un principe juridique

Inscrite à l'article 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la présomption d’innocence garantit que "tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable". Elle est également protégée par l'article préliminaire du Code de procédure pénale. C'est un pilier de l'état de droit. Elle impose aux médias une grande prudence dans le traitement des affaires judiciaires. Pour les journalistes, le défi consiste à informer le public tout en respectant ce principe.

"On ne cède pas à l'injonction médiatique, on ne cède pas à l'urgence. On attend."

Alexis Levrier

Historien des médias

Dans les faits, le temps médiatique et le temps judiciaires sont tellement différents que les possibilités de dérapage sont nombreuses. La médiatisation rapide d'affaires sensibles tend à exposer des personnes mises en cause avant même toute décision ju...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...