Xavier Lacaille : "Pour faire sortir Giaccomo, je suis allé chercher des choses deep"

Première - 19/06
Avec son réalisateur Baptiste Drapeau, l'acteur revient sur un making of complètement fou.

Salut les gazzi ! Hypnose, ancrages, refus de croiser les guests. Pour incarner Giaccomo, Xavier Lacaille a vécu en personnage. Avec Baptiste Drapeau, il tombe - enfin - le costume.

Et voilà Giaccomo : coupe au bol, voix rocailleuse, ego maousse et un million de followers dans le viseur. Mais ne vous trompez pas : Giaccomo n'existe pas. Sous le costume fluo, on trouve l'acteur le plus fou de sa génération, Xavier Lacaille. Si le film est un documenteur assez saisissant sur les influenceurs, et, en creux, sur l'époque, c'est aussi, bien caché, une réflexion saisissante sur le pouvoir de l'incarnation et la puissance du comédien. 

Mais encore faut-il s'entendre sur ce qu'on dit. Le mot "incarner" paraît faible : tout au long du tournage, Lacaille n'est quasiment jamais sorti du personnage. Hypnose, ancrages corporels, refus de croiser les invités du film hors plateau... Le résultat est moins un Borat à la française qu'un laboratoire sur ce que peut un acteur quand il décide d'aller jusqu'au bout. Le réalisateur Benjamin Drapeau et Xavier Lacaille ont accepté de parler à découvert.

Xavier, vous avez fait toute la promo masqué, planqué derrière Giaccomo. Pourquoi tomber le masque maintenant ?

Xavier Lacaille : C'est la première interview qu'on fait où je ne suis pas en Giaccomo. On n'a jamais parlé du making of, parce qu’on essayait d’abord de faire vivre le personnage. Mais je n’ai jamais vécu un tournage aussi éprouvant de ma vie. J'ai mis des jours à me remettre de certaines scènes. Fréquemment, je rentrais chez moi et je pleurais le soir. À Cannes, j'ai fait tout le festival en personnage - quatre jours ! Je ne m'en remets toujours pas. Je suis rétamé.

On sent à l’écran qu’il s'est passé un truc spécial effectivement. On peut peut-être reprendre depuis le début pour mieux comprendre. D'où ça part, The Giaccomo ? 

Baptiste Drapeau : J'aime bien raconter ce truc parce que je trouve que c'est très signifiant. On s'est rencontrés il y a quinze ans à la Fémis - j’étais en section mise en scène, lui en écriture. Mais le vrai début de notre amitié pour moi, c’est le bus du retour d’un week-end de l'école. On ne s'était pas croisés du week-end et on s'est retrouvés assis à côté, tous les deux en gueule de bois. On a déliré pendant tout le trajet et quand je suis descendu je lui ai dit : “T'es génial, toi, tu devrais être a...
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