Cannes (Alpes-Maritimes), envoyé spécial.
Je respire avec des branchies comme un poisson, mais je peux également ramper sur terre. Je ne ressemble pas à un caméléon et, pourtant, il arrive fréquemment que je change de couleur. Qui suis-je ? La réponse n’a pas de secret pour Marie Muzard. À force de plonger le long des plages cannoises – pas nécessairement loin du bord, ni profondément –, elle a appris à connaître ce drôle d’animal qu’est le poulpe.
Elle qui a toujours été passionnée par le vivant et l’éthologie (l’étude scientifique du comportement des espèces animales dans leur milieu naturel), et surtout spécialiste en communication, est entrée en contact avec ce céphalopode en Méditerranée. L’Octopus vulgaris, c’est-à-dire le poulpe, qui dérive du grec polypous, « plusieurs pieds », relève, aux yeux de Marie, de l’« extramarin comme on dit d’un extraterrestre ». Lautréamont ne disait-il pas : « Ô poulpe, au regard de soie » ?
La comparaison n’est pas fausse. Dans l’imaginaire collectif, le poulpe est souvent associé à la pieuvre (c’est pourtant le même animal, seule la taille change). Qu’on se souvienne de la titanesque lutte de Kirk Douglas contre le monstre, dans le film de Richard Fleischer, Vingt Mille Lieues sous les mers (1954). Dans Mare Nostrum, il s’agirait plutôt d’un E.T. sous-marin qui saurait très bien où se trouve sa maison.
En réalité, son modèle relève de la Sagesse de la pieuvre, un documentaire sud-africain réalisé par Pippa Ehrlich et James Reed en 2020. Déjà fascinée alors qu’elle n’était que lycéenne à Nice, après avoir été séduite par...
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