Le Québec est moins polarisé qu’on ne le prétend. Les citoyens se parlent encore1, et les élus aussi.
La session parlementaire s’est terminée avec l’adoption in extremis de plusieurs projets de loi grâce à la collaboration des oppositions. La carte électorale a été changée, les boissons « énergisantes » ont été interdites aux moins de 16 ans et un conjoint pourra connaître les antécédents judiciaires de son partenaire.
Notre politique ne souffre pas tant d’un problème de polarisation ou d’extrémisme. Elle est plutôt morcelée et éparpillée.
Les grandes années du militantisme politique sont terminées.
L’électorat butine d’un parti à l’autre, avec un arrière-goût de désabusement qui fait en sorte que son cœur n’est jamais tout à fait captif.
Il rêve de mieux, sans trop oser y croire. Il est à la fois volage et endurci par les déceptions passées. La prochaine campagne électorale ne ressemblera à aucune autre. Cinq partis devraient faire élire des députés.
On ne pourra plus simplement noter à qui un chef s’attaque dans ses discours pour identifier son principal adversaire. La course sera morcelée, région par région, circonscription par circonscription. Il y aura des luttes PQ-PLQ, PQ-CAQ, PQ-QS, PLQ-QS, CAQ-PLQ ou encore PQ-PCQ. Et souvent aussi, à trois. Ce sera imprévisible.
Sur l’économie, l’éducation et la santé, les trois partis de pouvoir se ressemblent. Seuls les solidaires et les conservateurs promettent une rupture – la gauche dénonce l’école à trois vitesses tandis que la droite veut ouvrir l...
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