Snipers en Bosnie par jeu : qui ils étaient et combien ils payaient

Euronews - 12/06
Dans un livre-enquête, Ezio Gavazzeni révèle l’histoire, jamais élucidée, des « snipers du week-end » à Sarajevo et explique à Euronews où en est la traque des responsables. #EuropeNews

Quatre parquets européens enquêtent sur une organisation qui acheminait des citoyens fortunés à Sarajevo, pendant la guerre dans l’ex-Yougoslavie, afin d’en faire des tireurs embusqués, dans le cadre d’un voyage de plaisir abominable réservé surtout à des passionnés d’armes, de chasse et, dans certains cas, d’extrême droite.

PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Au moins trois clients du réseau font l’objet d’une enquête à Milan, deux autres en Autriche, mais des investigations sont également ouvertes en Belgique et en Bosnie-Herzégovine, et une procédure pourrait être formalisée prochainement en Suisse, tout comme une question au Parlement européen.

C’est ce qu’explique Ezio Gavazzeni, auteur du livre Les snipers du week-end. L’enquête sur les safaris humains à Sarajevo (publié par PaperFIRST), engagé ces jours-ci dans une série de rencontres et dédicaces en Italie.

Beaucoup « partaient le vendredi après-midi de la via Mecenate », à Milan, en autocar vers l’aéroport de Trieste, raconte-t-il à Euronews ; certains utilisaient celui de Parme et d’autres partaient par la mer depuis Ancône, souvent avec une première étape à Belgrade ou dans les pays voisins avant de continuer par la route vers le front de la guerre civile.

L’Italie était donc le carrefour des touristes-snipers, qui arrivaient de différentes régions d’Europe, du Canada et des États-Unis après avoir reçu un message codé au téléphone : « Il y a des cerfs pour les archers », révèle Gavazzeni.

Comment fonctionnaient les macabres safaris humains de Sarajevo

L’auteur retrace dans le livre, en cours de traduction dans neuf langues (la première, en hongrois, est sortie le 10 juin), le flux d’étrangers qui payaient des sommes importantes pour tirer depuis les hauteurs qui dominent Sarajevo.

Pendant quatre ans, à partir de 1992, au lendemain de la déclaration d’indépendance de la République de Bosnie, la ville est restée assiégée par les troupes fédérales yougoslaves et les milices de la minorité serbe locale, reproduisant ce qui avait commencé l’année précédente en Croatie après la sécession de la Yo...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...