M. Conrad : “Notre société est le pire roman d'anticipation possible”

Agathe Renac - LeclaireurFnac - 10/06
Rêve, paranoïa, dystopie... Entretien exclusif de Michael Conrad pour la sortie de son comics, “Une petite dose de tremblement”.

Comment est née l’idée d’Une petite dose de tremblement ?

Je suis fasciné par le folklore et la mythologie. Pour moi, leur version moderne se déploie aujourd’hui à travers les histoires qui pullulent sur le Net, en particulier les creepypastas [des légendes urbaines relayées sur Internet, NDLR]. Ce que j’aime dans ces récits, c’est qu’ils ne naissent pas de l’idée d’un seul individu ; c’est une sorte de laboratoire d’idées où une multitude de gens contribuent à faire fleurir un concept.

Une petite dose de tremblement©404 Graphic

Concernant l’élément central d’Une petite dose de tremblement – cette affiche demandant “Avez-vous rêvé de cet homme ?” –, tout a commencé dans la ville où je vis, à Portland, dans l’Oregon. Une personne avait collé ces affiches partout dans les rues ; ce n’était qu’un projet artistique, mais ça a capté mon attention et fait travailler mon imagination. Je me suis demandé ce qui se cacherait derrière un tel phénomène si c’était réel. Au-delà de l’inconscient collectif cher à Carl Jung, quel facteur pourrait pousser une multitude de personnes à rêver d’un même personnage mystérieux ?

En lisant votre comics, on ressent une atmosphère très particulière, presque lynchienne. Quelles ont été vos principales influences graphiques et scénaristiques pour façonner cet univers ?

C’est un immense compliment. C’est presque un truisme de citer David Lynch, car beaucoup d’auteurs s’en revendiquent alors que leur travail n’a finalement rien de lynchien...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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