Depuis huit ans que notre adresse [email protected] accueille vos courriers de lecteur, jamais un sujet n’avait suscité autant de lettres, courtes ou longues, posées ou emportées, de toute la Suisse, cantons alémaniques et Tessin compris. Sans surprise, ce sont les thèmes du logement et des transports qui dominent, avant ceux de l’emploi ou de la consommation. Les lettres contre l’initiative ont été un peu plus nombreuses que celles qui la soutiennent. Voici une sélection de vos messages, pour patienter jusqu’à dimanche.
Pénurie de main-d’œuvre, vraiment? Laurent Guggisberg, Sion (VS)
A 26 ans, fraîchement diplômé de la HES-SO Valais en tourisme, je me retrouve sur le marché du travail à postuler. Mais surtout à déchanter: «Pas assez d’expérience», me dit-on. Alors je décide de revoir mes prétentions à la baisse. Mais là encore, je tombe de haut: «Trop de concurrence pour ce poste.»
Après une période de chômage et plusieurs stages, je finis par être engagé dans une compagnie d’assurances suisse. Là, je découvre une réalité bien différente de celle des bancs de l’école. Dans mon équipe comme dans d’autres, une grande partie des employés vient de l’étranger. Même constat du côté des clients bénéficiant d’aides pour leurs primes d’assurance maladie.
J’ai également travaillé dans l’hôtellerie en Suisse alémanique. Là encore, j’ai été frappé par la forte proportion de collaborateurs étrangers, y compris à des postes à responsabilité. Cela m’interroge sur les opportunités offertes aux jeunes formés en Suisse.
Face à ces expériences, je ressens un décalage grandissant entre mes attentes et la réalité du marché du travail. On entend souvent des milieux économiques que la main-d’œuvre étrangère ne fait que combler des pénuries. Mon vécu me pousse à en douter. Sans prétendre détenir toutes les réponses, je pense qu’il est légitime de s’interroger sur l’évolution actuelle et ses conséquences. C’est pourquoi, le 14 juin, je voterai OUI à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», convaincu qu’il est nécessaire de fixer des limites claires pour garantir des conditions équitables et un vivre-ensemble qui fonctionne.
Un manque de médecins prévisible Loïc Weston, Bioley-Orjulaz (VD)
Je suis étudiant de médecine en dernière année. A la suite de la lecture de l’article paru dans votre journal «Le chaos dans les soins ou la crainte de l’effet délétère de l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!» sur le système de santé» (LT du 23.04.2026), je me permets de préciser que la croissance démographique engendre également des pénuries.
Les crises que nous constatons (logements, enseignement, santé…) so...
[Courte citation de 8% de l'article original]