Le dopage s'invite aux JO de Pékin : l'affaire Kamila Valieva en 4 questions

LCI - 11/02
Kamila Valieva a été testée positive à la trimétazidine, une substance interdite, avant les JO d'hiver. Produit de la rigoureuse école Tutberidze, la patineuse russe a remporté l'épreuve par équipes à Pékin. Sa participation au concours individuel, pour lequel elle est l'archifavorite, est compromise.
L'essentiel

Kamila Valieva a été testée positive à la trimétazidine, une substance interdite, avant les JO d'hiver.

Produit de la rigoureuse école Tutberidze, la patineuse russe a remporté l'épreuve par équipes à Pékin.

Sa participation au concours individuel, pour lequel elle est l'archifavorite, est compromise.

Le spectre du dopage rôde sur les Jeux de Pékin. Après avoir ébloui le monde entier, en offrant l'or olympique à son pays lors de l'épreuve par équipes, la toupie russe Kamila Valieva est prise au milieu d'une affaire de dopage. La prodige du patinage, à qui l'on promet le titre olympique en individuel sur la glace chinoise, a fait l'objet d'un contrôle antidopage positif fin décembre au  trimétazidine, un mois et demi avant les JO d'hiver. L'information avait fuité dans la presse, elle a été confirmée, vendredi 11 février, par l'ITA, l'instance chargée des contrôles antidopage durant la quinzaine olympique. 

Qui est Kamila Valieva ?

Kamilia Valieva n'est pas n'importe qui. Âgée de 15 ans seulement, l'adolescente russe est le dernier visage à succès de l'usine à championnes moscovite de la réputée et sévère Eteri Tutberidze. L'école de Sambo 70, à Moscou, règne sans conteste sur le patinage féminin actuel. Elle a eu pour élèves Ioulia Lipnitskaïa, médaillée d'or par équipes à Sotchi en 2014, Evgenia Medvedeva, championne du monde en 2016 et 2017 et vice-championne olympique aux JO 2018, et Alina Zagitova, titrée à Pyeongchang et championne du monde en 2019. Engagées à Pékin au côté de Valieva, Anna Shcherbakova, championne du monde en titre, et Alexandra Trusova, médaillée de bronze européenne et mondiale, en sont les nouvelles têtes d'affiche. 

Parmi toutes ces étoiles, la native de Kazan est celle qui brille le plus. Invaincue pour son premier hiver sur le circuit senior, elle a enchaîné les succès en Grands Prix, remporté les championnats de Russie et a survolé les championnats d'Europe de Tallinn mi-janvier. La championne du monde juniors 2020 a déjà établi neuf records du monde au cours de sa jeune carrière. Elle s'est emparée des trois records du monde de points depuis le début de la saison : les programmes court, libre et les scores totaux. Elle est aussi devenue la première femme à franchir le seuil symbolique de 90 points dans un programme court.

De quoi faire d'elle, logiquement, l'une des principales athlètes à suivre en Chine. Au cours de l'épreuve par équipes, qu'elle a remportée avec le Comité olympique russe, elle a été époustouflante tant sur le programme court, en frôlant son récent record du monde, que le programme libre, reléguant la Japonaise Kaori Sakamoto, deuxième, à une trentaine de points. Sur la glace pékinoise, elle en a profité pour signer les tout premiers quadruples sauts féminins de l'histoire olympique.

Que reproche-t-on à la patineuse russe ?

On voyait alors Kamila Valieva marquer la quinzaine olympique. Ce qu'on ne savait pas, c'est de quelle manière. Quelques jours après avoir fait sensation sur la patinoire du Palais omnisports de Pékin, elle se retrouve au cœur d'une retentissante affaire de dopage, après avoir été contrôlée positive à la trimétazidine. L'affaire a éclaté, mercredi 9 février, lorsque le Comité international olympique (CIO) a annoncé le report de la cérémonie des médailles de l'épreuve par équipes, prévue la veille, pour des raisons "juridiques". Une décision très inhabituelle liée à un contrôle antidopage positif de la jeune patineuse russe. 

Ce contrôle impromptu a été réalisé, le 25 décembre 2021, au cours des championnats de Russie, par l'Agence antidopage russe, en dehors du programme antidopage des Jeux olympiques. Rusada, dont la réputation a été ternie par des scandales de dopage à répétition, n'a reçu la notification de ce test positif qu'au lendemain du concours par équipes, qui a titré le Comité russe olympique, mardi 8 février. Elle a alors immédiatement suspendu, à titre provisoire, Valieva. Cette dernière "a fait appel devant la Rusada le 9 février et une audience a eu lieu le jour-même", a détaillé l'ITA dans un communiqué. "Dans la soirée du 9 février, la Rusada a décidé de lever la suspension provisoire de l'athlète, lui permettant ainsi de continuer à participer aux JO."

SEBASTIEN BOZON / AFP

Du coup, Kamila Valieva "a le droit de s'entraîner et de participer aux compétitions sans restrictions, sauf si le Tribunal arbitral du sport en décide autrement", a f...
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