Un an seulement après le début de ses opérations scientifiques, la mission franco-chinoise SVOM1 est déjà un succès ! « Dépassant largement nos attentes, ses performances ont permis de faire plusieurs premières observations intéressantes », se réjouit Susanna Vergani, directrice de recherche CNRS, astrophysicienne au Laboratoire d’étude de l’Univers et des phénomènes extrêmes2, impliquée dans ce projet.
Ce programme, lancé en juin 2024, a pour mission de traquer des évènements cosmiques extrêmes, les sursauts gamma, ou GRB (de l’anglais « Gamma Ray Burst »)». Il est porté par les agences spatiales chinoise (CNSA) et française (Cnes), avec la collaboration, en France, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et du CNRS.
Les sursauts gamma sont visibles uniquement depuis l’espace, car bloqués par l’atmosphère terrestre. Ces phénomènes indétectables à l’œil nu se manifestent par de fugaces mais colossales émissions d’énergie. En quelques secondes, ils libèrent plus d’énergie que le Soleil durant toute sa vie !
Provenant des profondeurs du cosmos, ils sont le reflet de phénomènes cataclysmiques. Certains, appelés « sursauts gamma courts », durent moins de 2 secondes. Ils sont émis lors de la fusion de deux étoiles à neutrons – des astres principalement formés de neutrons (particules neutres électriquement composant le noyau des atomes) – ou d’une étoile à neutrons avec un trou noir (objet céleste très dense d’où même la lumière ne peut s’échapper).
D’autres sursauts gamma sont libérés lors de l’effondrement d’une étoile massive, dont la masse peut atteindre 250 fois celle du Soleil. On parle alors de « sursauts longs », car leur durée va de 2 secondes à plus de 10 minutes.