Rachadi Saindou et Salime M’déré rejugés en appel : le parquet demande la confirmation des condamnations - Mayotte Hebdo

Amélie Constant - Mayotte Hebdo - 08/06
Un emploi soupçonné d’être fictif et obtenu par arrangement, des marchés publics présumés fractionnés, une voiture de fonction litigieuse : l’ancien président de la Cadema, Rachadi Saindou, l’ex-premier vice-président du Département de Mayotte, Salime M’déré, et la société May Environnement étaient rejugés en appel, vendredi 5 juin, à Mamoudzou. Le…

Un emploi soupçonné d’être fictif et obtenu par arrangement, des marchés publics présumés fractionnés, une voiture de fonction litigieuse : l’ancien président de la Cadema, Rachadi Saindou, l’ex-premier vice-président du Département de Mayotte, Salime M’déré, et la société May Environnement étaient rejugés en appel, vendredi 5 juin, à Mamoudzou. Le délibéré sera rendu le 1er octobre.

L’affaire, née de plusieurs dénonciations – dont une de l’association Anticor – adressées au parquet en 2022, mêle soupçons de prise illégale d’intérêts, favoritisme, détournement de fonds publics et recel. Pour le parquet général, elle est « emblématique » de la politique pénale menée sur l’île en matière de probité. « Mayotte, dont on sait qu’il est le département le plus pauvre de France, qui a tant besoin d’équipements, de structures, ne mérite pas que des deniers soient détournés au profit d’intérêts privés », a insisté l’avocate générale, Françoise Toillon, avant de lancer : « Cette manière de dire : je suis élu et responsable de rien, eh bien si. C’est le moment d’assumer ses responsabilités. »

Le premier volet du dossier concerne le recrutement de Salime M’déré. Pour le parquet, l’ancien premier vice-président du Département aurait bénéficié d’un emploi à la Cadema en raison de sa proximité avec Rachadi Saindou. Plus de 39 000 euros de rémunération, pour un travail que l’accusation considère comme fictif.

À l’audience, les magistrats ont cherché des traces concrètes : des missions, des courriels, des rendez-vous, des productions. Or dès son arrivée, Salime M’déré aurait demandé à télétravailler cinq jours par semaine. « Le télétravail, c’est du travail aussi », a répondu son avocat.

L’enquête évoque également 549 mails reçus sur sa messagerie professionnelle, pour seulement 11 ouverts et 6 réponses. « À supposer que ce soit vrai, il a quand même travaillé, c’est pas zéro. » a rétorqué l’avocat du prévenu. Ce dernier explique avoir manqué de moyens matériels et obtenu son ordinateur plusieurs mois après sa prise de poste mais pour l’accusation, ces chiffres résument le soupçon d’un emploi de complaisance. Pour la défense, ils disent surtout une administration désorganisée, un poste mal défini et des moyens insuffisants.

Rachadi Saindou, lui, assure ne pas avoir imposé ce recrutement. Il aurait orienté M. M’déré vers son DGS lorsque ce dernier se serait présenté pour demander du travail. Il reconnaît avoir signé le contrat, mais affirme que le dossier avait été instruit par ses services. « Je ne me suis jamais immiscé dans l’administration », a-t-il soutenu. Le président de la cour l’a toutefois rappelé à la portée de sa signature : un élu ne peut pas se présenter comme une simple chambre d’enregistrement. Signer, c’est engager sa responsabilité.

Le second volet, plus technique, touche aux marchés publics ...
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