Avant de comprendre comment une nouvelle espèce apparaît, il faut déjà savoir ce qu’est une espèce. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, la réponse n’est pas aussi évidente qu’elle en a l’air.
Pour les biologistes, définir précisément une espèce est un véritable casse-tête. Johan Michaux explique qu’il existe aujourd’hui une trentaine de définitions différentes. Malgré ces débats, une idée fait généralement consensus : deux individus appartiennent à la même espèce lorsqu’ils peuvent se reproduire ensemble et donner naissance à des descendants capables, eux aussi, de se reproduire.
Cette définition permet de comprendre comment de nouvelles espèces peuvent apparaître. Au fil du temps, certaines populations accumulent des différences génétiques, physiques ou comportementales. Ces changements peuvent devenir si importants que deux groupes issus d’une même espèce finissent par ne plus pouvoir se reproduire entre eux. À partir de ce moment-là, les scientifiques considèrent qu’une nouvelle espèce est née. Ce phénomène demande cependant énormément de temps. On parle souvent de centaines de milliers d’années, voire davantage, avant qu’une nouvelle espèce soit pleinement formée. Toutes les espèces que nous connaissons aujourd’hui sont le résultat de cette lente évolution.
Et elles sont très nombreuses. Les scientifiques estiment qu’il existe au minimum 100 millions d’espèces différentes sur Terre. Pourtant, seules 2 à 3 millions d’entre elles ont été identifiées jusqu’à présent. Parmi ces espèces recensées, on compte environ 5000 espèces de mammifères, 9000 espèces d’oiseaux et des centaines de milliers d’espèces d’insectes. En réalité, une grande partie de la biodiversité mondiale reste encore inconnue.
Mais comment toutes ces espèces sont-elles apparues au fil du temps ? Deux grands facteurs entrent en jeu : l’isolement et l’adaptation à l’environnement.
La plupart du temps, l’apparition d’une nouvelle espèce commence par une séparation. Un...
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