Recoudre les vies, semer l'espérance : Dans le Guiriko, la dignité reprend racine

Akim Ky - Burkina24 - 07/06
Actualité - Recoudre les vies, semer l'espérance : Dans le Guiriko, la dignité reprend racine

À Houndé, Bobo-Dioulasso ou Orodara, des mains réparent ce que la violence et la précarité ont tenté de détruire. Face à l’ampleur des déplacements et des exclusions sociales, la région du Guiriko redéfinit la solidarité en mettant l’autonomie au centre du soin. De l’atelier de couture à la terre cultivée en coopérative, le ministère de la Famille, en symbiose avec des acteurs locaux engagés, offre un refuge et un avenir à ceux que la vie avait relégués dans l’ombre. Plongée dans un combat quotidien où la dignité humaine est le premier des chantiers.

Dimanche 17 mai 2026. Au Centre d’Éducation et de Promotion Sociale (CEPS) de Houndé, le vacarme des machines à coudre couvre presque les blessures du passé, dans une chorégraphie mécanique.

Au milieu des rouleaux de pagnes colorés et des bobines de fil, 104 jeunes filles, âgées de 13 à 35 ans, s’affairent sur leurs ouvrages. À les voir si appliquées, impossible d’imaginer ce que chacune a traversé avant de trouver refuge ici, qu’il s’agisse de l’abandon, du mariage forcé, de la maternité précoce ou de la fuite sous les balles.

Le CEPS de Houndé : la couture comme tremplin vers l’autonomie

Au fond de l’atelier, Nouma Niyorou Odile, timide, le regard lucide rivé sur sa machine à coudre, suit attentivement les consignes de son encadreur. Avant de venir ici, elle était élève en classe de Seconde C. Deux redoublements, une expulsion, des parents sans moyens pour l’inscrire ailleurs, sa scolarité s’est brisée net.

Loin de se résigner, elle a choisi de réécrire son destin. « Si je me donne à fond, je sais que les choses iront mieux demain », confie-t-elle. Avant notre départ, elle se lève et déclame un slam de sa composition, un texte qui prône la formation de la jeune fille et dans lequel elle glisse, pudiquement, une partie de sa vie. La salle, suspendue à ses mots dans un silence, est concise.

Houndé : Le pari de l’autonomie par le travail

Ouvert en octobre 1996, le CEPS est une structure placée sous la tutelle du ministère en charge de l’action sociale. Il accueille sans discrimination les jeunes filles vulnérables de la région, notamment les filles mères, les victimes de mariages précoces, les déscolarisées et, de plus en plus, des déplacées internes fuyant les zones en proie à l’insécurité.

Cette année, elles sont 50 en première année, 34 en deuxième et 20 en troisième, réparties sur un cycle de trois an...
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