Une opinion de Philippe Van Parijs, philosophe (UCLouvain & KU Leuven)
Pékin, mai 1993. Je suis invité par l'Institut du marxisme-léninisme de l'académie chinoise des sciences sociales. Je demande à mes hôtes : "Puis-je parler librement, sans que cela vous crée des ennuis ?". Je n'oublierai jamais leur réponse : "Nous ne vous avons pas fait venir pour nous dire ce que vous pensez que nous aimerions entendre mais pour nous dire ce que vous pensez".
Invité par le Centre Jean Gol à un débat sur la liberté académique, je n'ai pas jugé nécessaire de poser une question analogue. J'ai tenu pour acquis qu'on ne m'avait pas invité pour que je dise ce que le MR serait ravi d'entendre, mais pour participer à une réflexion ouverte digne du lieu qui l'accueillait : mon université. Avec trois poids lourds d'un même parti politique, dont le modérateur, parmi les six personnes sur l'estrade, le doute était permis. J'ai néanmoins confirmé mon acceptation de venir dire ce que j'avais à dire (et redis brièvement ci-dessous), comme j'avais accepté d'aller à Péki...
[Courte citation de 8% de l'article original]