La Turquie traverse une crise économique et Recep Tayyip Erdoğan s’accroche au pouvoir. Même s’il se montre de plus en plus brutal envers l’opposition, il n’a guère à craindre les critiques de l’étranger. Les raisons en sont amères.
C’est une anecdote qui est encore racontée aujourd’hui dans les cercles de l’Otan. Au début du premier mandat de Donald Trump, le président turc Recep Tayyip Erdoğan aurait reçu le numéro de téléphone portable personnel du président américain, une ligne directe avec la Maison Blanche. Une erreur, plaisante-t-on aujourd’hui à Washington. Parce qu’après cela, Erdoğan – c’est ce que raconte l’histoire – n’a cessé d’appeler Trump. Il a travaillé encore et encore sur le président américain.
Jusqu’à ce que Trump accepte finalement en 2019 de retirer une grande partie des troupes américaines du nord de la Syrie. L’armée turque avait alors carte blanche pour lancer son offensive contre les zones kurdes de Syrie.
Le début entre Trump et Erdoğan était tout sauf bon. Après l’échec de la tentative de coup d’État en Turquie en 2016, le pasteur évangélique américain Andrew Brunson a été arrêté. Les allégations : liens avec des organisations terroristes et espionnage. Trump a imposé des sanctions en 2018, aggravant considérablement la crise économique et monétaire en Turquie.
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Mais cette colère semble oubliée depuis longtemps. Trump et Erdoğan entretiennent désormais de très bonnes relations. Si bien que certaines parties de l’Otan comptent sur le chef de l’Etat turc pour lier plus étroitement le républicain à l’alliance. C’est précisément là que réside une évolution remarquable : sur le plan intérieur, Erdoğan est plus vulnérable qu’il ne l’a été depuis longtemps. Mais en termes de politique étrangère, c’est plus important que jamais.
La véritable ironie est que les deux évolutions sont liées. La guerre en Ukraine, l’incertitude autour de Donald Tr...
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