C'est la fin de nos plans élaborés, la fin. De tout ce qui existe, c'est la fin. Il semble approprié que le dernier point d’arrêt du football dans son voyage en amont dans les parties vierges de la carte, une mission si choisie qu’une fois terminée, vous n’en voudrez peut-être plus jamais, soit une Coupe du monde supervisée par un homme à l’air hanté avec un complexe de messie, opérant au-delà des limites d’une gouvernance sportive acceptable, le guerrier-poète avocat du football suisse n’a jamais su que c’était nécessaire.
La Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Mexique et au Canada débutera enfin pour de bon le 11 juin au stade Azteca. À partir de là, le tournoi se déroulera sur 39 jours, 16 villes hôtes, 104 matches et une distance de 6 000 milles allant de Mexico au sud à Vancouver au nord jusqu'à Boston à l'est. Dix ans de préparation, le produit final d'un siècle de jeux de puissance et d'hyper-grift, c'est selon presque tous les paramètres, non seulement le plus grand événement sportif jamais organisé, mais le plus grand événement, comme on dit en Amérique, point final.
Comment le football explique le monde, partie 95. On estime que le tournoi générera 80 milliards de dollars (59,7 milliards de livres sterling) de production économique mondiale sur toute sa durée, soit à peu près l'équivalent du PIB de la Biélorussie. Fondamentalement, si la Coupe du monde était un pays, quelqu’un y aurait déjà stationné des armes nucléaires. Nous avons ici le grand sport dans sa forme mondiale finale. Mais aussi, dans l’air du temps, un spectacle configuré à l’image d’un unique suzerain opportuniste.
C’est désormais le monde de Gianni Infantino, un homme qui porte toujours avec lui ce sentiment étrangement séduisant de conviction totale dans sa propre inauthenticité, tournant les bras comme un illusionniste de Las Vegas, distribuant des faveurs sous les applaudisse...
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