Le nazisme reste-t-il aujourd’hui une référence pour les extrêmes droites ? - RTBF Actus

Mathilde Rigaud - RTBF - 05/06
Des saluts nazis durant la cérémonie d’investiture de Donald Trump en 2025 à la résurgence des discours racistes,...

Des saluts nazis durant la cérémonie d’investiture de Donald Trump en 2025 à la résurgence des discours racistes, sexistes et antisémites, l’extrême droite et ses idées montent en Europe et dans le monde. Cette montée s’accompagne d’une résurgence de l’imagerie nazie, quasiment un siècle après son accession au pouvoir en Allemagne en 1933. Selon Johann Chapoutot, ces références "participent d’un univers mental qui est celui […] de ceux qui se croient aujourd’hui les maîtres du monde et qui se réfèrent volontiers à des périodes de l’Histoire où ils identifient des dominations absolues de ceux qu’ils considèrent être précisément élus pour être les maîtres du monde".

Ceux qui ont porté le nazisme au pouvoir

Cependant, comme le rappelle Johann Chapoutot, le parti nazi n’a jamais été élu démocratiquement ou gagné d’élections. La montée en puissance du nazisme s’est en réalité faite par un jeu d’alliance avec la droite libérale autoritaire allemande, qualifiée "d’extrême centre" par l’historien Pierre Cernin, pour qui la montée au pouvoir de la gauche était impensable, mais qui ne pouvait plus se maintenir au pouvoir démocratiquement. "Le calcul de ces gens-là a été, fin 1932, début 1933, de faire alliance avec l’extrême droite pour se maintenir au pouvoir, dans l’hypothèse que les nazis seraient au fond les intendants ou les domestiques ou les majordomes de leurs propres intérêts, ce qui n’a pas été le cas", explique Johann Chapoutot.

Cette alliance s’est aussi forgée autour des ennemis que les deux partis avaient en commun c’est-à-dire "la gauche, les communistes, […] mais aussi les sociodémocrates, les syndicats, y compris les syndicats chrétiens, qui étaient pourtant très modérés, et qu’ils identifiaient tout uniformément au marxisme".

Les deux partis avaient aussi en commun leur électorat, c’est-à-dire le patronat et la grande et moyenne bourgeoisie : "Ils avaient les mêmes mécènes également politiques, financiers avec l’industrie, la banque, l’assurance, ...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...