Après sa condamnation face à Apple, Netflix et Disney+, Spliiit répond à Clubic

Clubic - 04/06
Condamnée par le tribunal judiciaire de Paris dans son bras de fer face à Apple, Netflix et Disney, Spliiit assure que son modèle n’est pas enterré. Son fondateur et dirigeant, Jonathan Lalinec, répond à Clubic pour la première fois depuis la décision.

Condamnée par le tribunal judiciaire de Paris dans son bras de fer face à Apple, Netflix et Disney, Spliiit assure que son modèle n’est pas enterré. Son fondateur et dirigeant, Jonathan Lalinec, répond à Clubic pour la première fois depuis la décision.

Spliiit condamnée. Son CEO, Jonathan Lalinec répond à nos questions. © Busra Ispir / Shutterstock

La décision est lourde, mais Spliiit refuse d’y voir un arrêt de mort. Le 29 mai 2026, le tribunal judiciaire de Paris a condamné la plateforme française de co-abonnement dans le litige qui l’opposait à Apple, Disney et Netflix. Les juges ont retenu plusieurs griefs, parmi lesquels la complicité de violation des conditions générales d’utilisation, la concurrence déloyale et la contrefaçon de marques.

Pourquoi Spliiit a été condamnée

Le cœur du reproche tient à la manière dont Spliiit permettait à des titulaires de certains abonnements multi-utilisateurs de partager leur accès avec d’autres internautes, en dehors du cadre prévu par les plateformes concernées. Le tribunal a estimé que Spliiit avait fourni les moyens de ces partages, notamment via sa plateforme de mise en relation et son système de micro-paiement.La décision impose aussi à Spliiit de verser une provision importante, évaluée autour de 785 000 euros, dans l’attente d’un chiffrage plus précis du préjudice. La société doit également transmettre des données détaillées sur les abonnements partagés depuis 2019, les sommes perçues, le chiffre d’affaires et les marges correspondantes.

© Spliiit

Mais le jugement est plus nuancé qu’une condamnation générale du co-abonnement. Le tribunal n’a pas retenu l’idée selon laquelle le partage de frais constituerait, en soi, une commercialisation d’abonnements. Il a également rejeté les accusations de parasitisme et rappelé que l’activité de mise en relation exercée par Spliiit n’est pas illicite en elle-même.C’est précisément sur ces nuances que Jonathan Lalinec construit aujourd’hui sa défense. Dans une réaction publiée sur LinkedIn, le dirigeant de Spliiit a déjà annoncé son intention de faire appel. Clubic l’a interrogé plus longuement sur les conséquences concrètes de cette décision, les services qui resteront disponibles, la manière dont Spliiit entend se conformer aux règles des plateformes, ainsi que les zones encore floues de son modèle.Certaines questions restent sans réponse complète, notamment sur les mécanismes précis de vérification des partages conformes aux CGU ou sur l’impact financier réel de la provision. Mais Jonathan Lalinec livre ici, en exclusivité pour Clubic, sa lecture de la décision et de l’avenir de Spliiit.

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